Emmanuel Macron est en voyage officiel au Kazakhstan, république caucasienne où nous sommes le cinquième investisseur étranger, devant la Chine ; pétrole et présence historique du groupe Total obligent. En bonne logique, on attendait de lui qu’il porte la voix de la France. Il l'a peut-être fait, mais ce qu'on retiendra surtout de ce voyage, c'est sa déclaration sur ce qu’il pensait faire plus tard de sa vie, à l’occasion d’une causerie donnée dans une université d’Astana, la capitale locale. Passionnant. On imagine que les étudiants kazakhs ayant eu la primeur de ces confidences en sont encore bouleversés.

Ainsi assure-t-il : « Il est probable que je ferai quelque chose de profondément différent quand j’aurai fini. » Un peu comme Nicolas Sarkozy en son temps qui affirmait vouloir « faire de l’argent » dès lors qu’il aurait quitté l’Élysée. Ou Valéry Giscard d’Estaing qui, lui, ne faisait juste que pitié.

Un Président plutôt content de lui…

Mais que les Français se rassurent, le premier d’entre eux ajoutant : « Je serai très heureux d’avoir servi mon pays pendant dix ans en tant que Président. » C’est bien le moins, quoique les mêmes Français n’aient pas eu forcément l’impression d’avoir été servis par ce pétulant jeune homme ; la crise des gilets jaunes et ses retombées électorales lepénistes en témoignent.

Quand il s’adresse à ces jeunes Kazakhs, encore arrive-t-il à parler de lui, rien que de lui. À ce niveau hissé, le narcissisme pourrait bientôt être classé discipline olympique : « N’oubliez jamais d’être engagés. […] Ayez une belle carrière, mais surtout une belle vie. » C’est beau comme un manuel de développement personnel.

D’autant plus que sa propre personne n’est jamais loin, planquée en embuscade, et quel plus bel exemple que le sien ? La preuve : « La politique n’est pas l’exclusivité d’une poignée de gens. […] Je n’étais pas membre d’un parti politique, pas un homme politique, quelques mois avant d’être élu Président. » Pensée magique ou alors, tout simplement, méthode Coué ? À ce niveau d’autosuggestion quasi hypnotique, il ne serait pas saugrenu de rappeler que ce sauveur issu de nulle part avait tout de même été le secrétaire général adjoint de l’Élysée de François Hollande de 2012 à 2014, avant d’en devenir le ministre de l’Économie, de 2014 à 2016. En d’autres termes, il n’était pas exactement le perdreau de l’année. Et surtout qu’il a été élu, puis réélu, plus par défaut que franche adhésion, ayant dû affronter à chaque fois Marine Le Pen.

Quand Iznogoud se prend pour Jeanne d’Arc…

Ou de l’art de se prendre pour Jeanne d’Arc, alors qu’on n’est jamais qu’Iznogoud. Poliment, les étudiants kazakhs l’ont écouté, même ayant à subir la suite de ce discours ayant frôlé l’heure entière. Toujours « garder l’esprit de résistance, même quand l’action est impopulaire » ? C’est-à-dire ? C’est-à-dire « qu’on ne peut pas marcher sur une seule jambe. Il faut les deux. » Sans blague. Mieux, Emmanuel Macron s’aventure en terres gaulliennes quand il tente de réveiller l’assistance en lui assenant : « La gauche, c’est le mouvement. La droite, c’est l’ordre. »

Sachant que notre cher Président n’incarne pas plus l’un que l’autre, tout porte à croire qu’il ait pu confondre visite officielle à Astana et Festival du film d’humour de Chamrousse ; là où la drôlerie est tout, sauf involontaire.

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02 novembre 2023 à 19:24

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63 commentaires

  1. « Ayez une belle vie », il l’a piqué à Baden-Powell dont c’était le testament puisqu’il a prononcé cette phrase lors du dernier jamboree qui s’est tenu de son vivant. C’était en 1937 à Vogelenzang, aux Pays-Bas d’où Guy de Larigaudie allait partir pour son raid vers Saïgon au volant de sa vieille Ford A. Je ne suis pas sûr que ce genre d’emprunt lui attire la sympathie des scouts.

  2. En même temps…il n’a pas grand chose à dire sur lui comme sur le reste, en dehors d’inutiles vérités premières ce qu’il cultive intensément.

  3. Que reste-t-il d’un quinquennat et demi ? Que restera-t-il de 2 quinquennats ? Le vide absolu, la prétention et l’arrogance en plus.

  4. Un homme qui n’est pas au service de son pays mais de la haute finance internationale ,un petit ambitieux qui se met en scène ,voilà ce que je pense d’Emmanuel Macron ,un chef d’Etat si peu soucieux de notre nation !

  5. E. Macron en visite au Kazakhstan ? Pas pour parler de la France, mais de lui…
    #
    Bien sûr! Il n’y a que ca qui l’intéresse!

  6. Me, Myself and my own little self, comme disent les Anglais, autrement dit: Moi, moi-même et ma propre petite personne…

  7. Mais qu’est ce qu’il va faire au Kazakhstan alors que notre pays brule ??? C’est plus facile d’aller pérorer a l’etranger pour nous dire ce qu’il va faire quand il quittera (enfin) le pouvoir, alors que vraiment les Français s’en f….De plus qu’il évoque le General de Gaulle me révulse, il ne lui arrive pas a la cheville

  8. N’est pas pas de Gaulle qui veut je préfère l’original rien à voir avec la politique actuelle du Président c’est même l’inverse sur le plan professionnel et humain

    1. Un WE à Malte, le suivant à Grenade pour parler de la même chose aux mêmes c’est à dire pour rien ! La visio-conférence ils ne connaissent pas mais vous disent « en même temps » de moins voyager …

  9. Ce type est d ‘ une bêtise et d ‘ une nullité crasse ; son éternel égocentrisme et sa prétention ne sont vraiment plus supportables ; comment a t il pu arriver à la tête du pays ….
    Et d ‘ après la photo , sa perruque est trop visible et le ridiculise encore plus

  10. Un mégalomane qui se prend pour ce qu’il n’est pas et qui se voit déjà pour ce qu’il ne sera jamais. C’est grave Docteur?

  11. Comme tout un chacun (pour ceux qui regardent le petit écran en toute objectivité) , j’ai pu voir M. Macron se réjouir dans ce pays très lointain des bienfaits de sa politique (il ne risquait pas la contradiction) et de plus pour épater la galerie dans un anglais qu’il affectionne . Mais le summum de sa logorrhée fût lorsqu’il parla de sa personne , empruntant les termes d’un discours du général De Gaulle en son temps ( qui n’ont pas échappé à certains commentateurs) , et étalant sa brillante gestion durant les 10 années qu’il a passées à la tête de notre pays (à mon humble avis il lui reste encore un peu plus de 3 années à tenir , une anticipation quelque peu hasardeuse!!!). Dans certains domaines et notamment l’immigration incontrôlée, l’insécurité grandissante , le coût de la vie excessivement exorbitante , etc…, etc… des thèmes fortement éludés.

  12. Il se balade tant que c’est gratuit ! Il s’est promis, avec mémé, de visiter tous les pays du monde en un temps record avant d’être « dégommé » de son trône d’usurpateur (comme les Bokassa africains, quoi !). Sa fine équipe de courtisans lui livre les alibis à commenter. J’en connais qui font ça à plus petite échelle; le tout est d’avoir assuré ( surtout financièrement et en carnet d’adresse) ses arrières…

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