C’est encore un énième pétage de plomb auquel les habitants, les conseillers municipaux et finalement la France entière ont eu droit, le lundi 13 avril dernier, de la part de l’inénarrable . Les images n’ont été que très récemment reprises par les médias nationaux : le 17 avril par “Le Petit Journal” de Canal+.

Tout avait pourtant bien commencé, normalement. À l’ordre du jour : le vote du budget qui doit obligatoirement être adopté avant le 15 avril pour être validé par le préfet et pour que la commune continue à vivre, payer ses fonctionnaires, donner des subventions aux associations… Il y a, bien sûr, des remarques toujours acerbes de l’opposition. Mais ça fait partie du jeu. Et depuis le temps qu’il est maire, Patrick Balkany connaît bien la musique. Pas de quoi fouetter un chat.

Il tance un peu son opposant divers droite, Arnaud de Courson, élu conseiller général en 2011 à la place… d’Isabelle Balkany. “Il s’en fout, il lit rien, il est là pour lever la main mais il ne sait même pas quand.” Patrick Balkany continue à se prendre quelques piques sans grand intérêt. Puis l’édile commence à se lâcher et à s’énerver tout seul contre les élus PS locaux. Il commence à les comparer à la gestion (il est vrai pitoyable et piteuse) de Clichy-la-Garenne : “Vous mettez un socialiste 70 ans dans une commune et là, on a l’impression que la guerre est passée. Voyez, c’est le Liban après le bombardement.” Il poursuit et s’en prend à Anne-Eugénie Faure, sa principale opposante socialiste : “Vous êtes rétrograde ! On dirait une élue de la RDA. […] Rétrograde, c’est pas possible à ce point-là. Mais vraiment, on en a marre du socialisme en France. ! […] Vivement dans deux ans, qu’on vous voie plus. […] J’en ai marre ! Vous avez foutu le pays en l’air, en deux ans, […]. Alors, maintenant, ça suffit ! Les Français ne veulent plus vous entendre, ils ne veulent plus vous voir. Vous n’existez plus dans le paysage politique.”

Sans être grand clerc, ce pétage de plomb doit beaucoup au resserrage de l’étau judiciaire autour de sa personne. Mis en examen en octobre dernier pour « blanchiment de fraude fiscale», « corruption » et « blanchiment de corruption », Patrick Balkany, déjà condamné en 1997 pour « prise illégale d’intérêts », avait vu son immunité parlementaire levée le 18 mars dernier par le bureau de l’Assemblée nationale. Une décision adoptée à l’unanimité, droite comprise, ce qui est assez rare pour être souligné.

L’homme fort de Levallois-Perret sent-il que le sol commence à se dérober sous ses pieds ? Oui, et l’énervement dont il est désormais coutumier ne fait que renforcer les soupçons sur sa personne et sa femme Isabelle, qui s’était vu imposer une caution d’un million d’euros en mai 2014. On peut comprendre l’agacement consécutif à la pression médiatique. Il s’explique moins si on a la conscience tranquille.

Peut-être faudrait-il quelques vacances au maire de Levallois ? Reste à savoir où ? Dans son riad de Marrakech ou sa villa de Saint-Martin ?

18 avril 2015

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