Le ministère de l’Intérieur a lancé un appel d’offres pour l’acquisition de 23 drones destinés à équiper la gendarmerie. Rappelons que les gendarmes sont des militaires au service de Cazeneuve, logique spécifiquement française oblige…

La semi-robotisation des forces de maintien de l’ordre est en marche, à l’instar de certaines forces armées, comme celles des USA par exemple. Je dis semi, car si de tels engins peuvent effectuer des missions avec un plan de vol planifié, ceux destinés à la maréchaussée, de taille très modeste et à l’autonomie limitée, seront télépilotés par de nouveaux spécialistes à former au sein des unités.

Dans le climat actuel de l’état d’urgence et de limitation des effectifs qui conduit à leur surcharge opérationnelle, la substitution de la machine aux hommes sur certains « théâtres d’opérations » intérieurs s’avère particulièrement opportune. Les avantages sont multiples, le premier étant qu’une mécanique, même volante, peut être mise à la retraite – c’est-à-dire la casse – sans plomber le budget dédié de la Défense. Ce n’est pas le moindre en l’état présent des finances publiques.

La capacité d’évoluer et observer au-dessus d’une zone de conflit, c’est-à-dire hors d’atteinte de projectiles ou artifices divers, n’oblige pas à une protection et armes d’autodéfense, tels les casques, boucliers, lance-grenades, TASER, gilets pare-balles et autres équipements coûteux et limitant la mobilité des intervenants terrestres traditionnels.

Des objectifs avec zoom et des caméras enregistreuses diurnes et nocturnes sont l’équipement essentiel et très efficace de ces futures dotations anti-manifestations. Mais l’intérêt principal, me semble-t-il, est d’éviter la confrontation directe entre manifestants et forces de l’ordre, affrontements qui sont l’essence même des échauffourées pouvant dégénérer en pugilats incontrôlables et paradoxalement en désordres publics graves.

Au contraire, imaginons une protestation, fût-elle interdite, sans mur de CRS ou gendarmes en rempart de l’ordre public. C’est comme cette tempête observée en ce moment sur les côtes atlantiques et dont les effets les plus spectaculaires et destructeurs sont les assauts des vagues contre les roches, digues et jetées, voire les habitations. Pas d’obstacles, pas de remous, les forces belliqueuses se répandent, se fatiguent, se dissolvent et finissent pas se désagréger sur un terrain perméable et ouvert.

Oui, mais pendant ce temps-là, le petit aéronef fureteur mais discret observe, enregistre et rend compte. Si la tempête est trop furieuse il peut permettre de déclencher l’offensive surprise et brutale d’un agile commando sur les arrières de l’ennemi et maîtriser facilement celui-ci, sans merci. Dans les cas où d’éminents citoyens sont reconnus ou identifiés, il est aisé
d’attendre le lendemain pour aller cueillir les « délinquants » chez eux, hors de la vue des caméras et journalistes en quête de de « scoops » appétissants et éviter, ainsi, d’inutiles polémiques et embrasements par des acteurs étrangers aux manifestations.

Ainsi à Calais, le général Piquemal n’aurait pas connu la publicité tapageuse qu’a créée son arrestation publique et, faisant suite, le tumulte indigné et croissant sur les réseaux sociaux et sites d’information non affidés.

À lire aussi

Méditerranée orientale : OTAN contre NATO ?

Partenaires contre une menace indéfinie depuis la dissolution du pacte de Varsovie, Grèce …