Culture - Editoriaux - Histoire - Société - Union Européenne - 10 décembre 2017

Le drapeau européen n’a aucune légitimité civilisationnelle ou démocratique !

Les députés ont voté, lundi 27 novembre, une proposition du groupe LREM pour promouvoir les symboles de l’Union européenne, notamment le drapeau. On dit Macron et sa majorité hors-sol, on en a là encore l’exemple. En effet, lorsque je lis les déclarations de Nathalie Loiseau, pour laquelle “sans souveraineté européenne, la souveraineté nationale n’est pas en mesure de relever les défis”, je me dis que nous ne vivons pas dans le même monde.

Hors sol, disais-je, en effet, car le drapeau européen, notamment, n’a aucune légitimité civilisationnelle ou démocratique. Et ce, pour une raison simple, c’est que pour qu’il soit légitime, il faudrait qu’il y ait un État européen. Et pour qu’il y ait un État, cela suppose l’existence d’un peuple, en l’occurrence d’un peuple européen. Mais, malgré le fait que les peuples européens partagent des valeurs communes, il n’existe pas, pour le moment, de peuple européen. Les barrières que représentent les traditions, les cultures ou les langues rendent extrêmement difficile l’émergence d’un État à l’échelle continentale. Du coup, les nations sont bien, à l’heure actuelle, les seuls niveaux démocratiques sur lesquels l’Europe puisse se reposer.

Bien sûr, personne n’est dupe, on a tous bien compris qu’ils espèrent nous avoir à l’usure. C’est sans compter, pour ce qui nous concerne, sur le fait que nous sommes la France et que notre pays est, de par son histoire, le porte-voix de l’émancipation.

On ne construira l’Europe qu’avec l’assentiment des peuples et non contre eux. C’est pour cette raison que promouvoir les symboles de l’Union européenne est une question qui va bien au-delà du symbole. C’est, en réalité, extrêmement révélateur du projet de société bruxellois. Cette machine dictatoriale visant à broyer les nations, morceau par morceau, afin de mieux les fusionner sous la houlette d’un super-État qui se substituerait aux États-nations. Les pauvres, ils n’ont pas compris qu’en agissant ainsi, il ne vont pas faire l’Europe mais la tuer ! L’Europe est forte dans sa diversité. Vouloir l’uniformisation est une pure folie. On entend souvent que les difficultés de l’Europe tiennent à une insuffisance d’Europe. Mais non, elles viennent du fait que certains tiennent pour quantité négligeable la volonté et l’identité des peuples.

Recentrons l’Europe sur ce qui est réellement primordial. On peut coopérer pleinement sur des sujets précis tout en restant libres et indépendants. On relèverait, par exemple, à sept ou huit pays le défi que représente la sécurité en accentuant la coopération antiterroriste en Europe.

Mais il serait illusoire de croire que ces coopérations sont possibles sans que nous ne réformions profondément l’Europe. Il faut, pour cela, un nouveau traité. Il faudrait aussi qu’il fasse l’objet d’un vote par référendum dans tous les pays. Additionnons les nations au lieu de les soustraire à leur réalité historique.

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