Culture - Editoriaux - International - Médias - Politique - Presse - 9 novembre 2016

Donald Trump président, c’est presque une révolution par les urnes !

L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis est un séisme politique dont les conséquences se feront sentir en Europe.

En effet – c’est peut-être le plus important –, il s’agit d’un désaveu cinglant de ce qu’il est convenu d’appeler la pensée unique. Tout ce qui constitue l’establishment occidental – personnel politique, médias, presse subventionnée, culture officielle, écoles, institutions, finance, etc. -, s’était rangé naturellement du côté de Mme Clinton.

Pour ne parler que de la France et ne citer qu’un seul exemple parmi des dizaines, jusqu’à la dernière heure, BFM TV continuait à refuser la défaite, prétendant que Clinton contestait les résultats… À l’Élysée, une seule lettre de félicitations avait été écrite… mais pour Mme Clinton, tant les conseillers diplomatiques de M. Hollande étaient aveuglés par leur idéologie. Outre-Atlantique, il aura fallu à la majorité du peuple américain une dose certaine d’indépendance, ou bien seulement d’exaspération, pour ne pas se laisser intimider par cette force contraire.

Quelle est cette majorité ? Hillary Clinton représentait à la fois – ce n’est nullement contradictoire quand on ne veut rien changer – les privilégiés du système (1 % des Américains se partagent 50 % de la richesse nationale) et les très pauvres, que l’on trouve en particulier chez les Noirs et les Latinos (50 % des Américains se partagent… 1 % de la richesse nationale). Entre les deux, il y a la classe moyenne qui, comme en Europe, dévisse, a peur de l’avenir, de la scolarité des enfants, des frais médicaux (l’Obamacare ne s’intéresse vraiment qu’aux très pauvres, pas à la middle class), et elle s’est sentie négligée par la candidate. Ne croyons pas que le vote en faveur de Trump ait été enthousiaste : simplement, celui-là a permis de donner un coup de pied dans la fourmilière.

En France, il est possible que cette élection désinhibe ceux qui n’ont pas encore osé voter pour Marine Le Pen : la présidente du Front national l’a bien compris, qui fut son seul soutien politique d’importance durant la campagne, et la première à le féliciter pour sa victoire.

Enfin, la défaite de Clinton fait espérer à beaucoup un apaisement des tensions internationales provoquées par l’agressivité américaine, en particulier à l’égard des Russes contre lesquels le même establishment occidental mène depuis plusieurs années une campagne de propagande destinée à nous faire accepter l’idée d’un affrontement. La promesse de Trump d’avoir « des relations honnêtes » avec le monde sera, chez les peuples étrangers, un curseur de la confiance.

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