Editoriaux - International - 24 janvier 2017

Donald Trump : du nouveau sur le plan international ?

Il y avait un petit côté saint Paul dans Barack Obama, mais un saint Paul dont l’évangélisation aurait été repliée sur elle-même. Obama voulait en finir avec le cycle des raclées de son pays : raclées au Vietnam, en Somalie, en Iran, en Irak et en Afghanistan. Il avait compris que le slogan prétentieux de “The American knows why” était plutôt devenu “Now, the American does not really know why”. C’est la raison pour laquelle il ne s’est pas mouillé en Syrie.

Or, je ne pense pas que Trump va changer les choses. Le bonhomme est un businessman. Pour lui, “time is money”, ce qui veut dire “geography is money”. Il y a tout lieu de croire qu’il ne va pas mettre le paquet contre Daech. Poutine, on le sait, a profité de ce que l’on a considéré comme étant une faiblesse d’Obama pour s’imposer en Syrie de façon à redorer le blason de la Russie. “OK, man!” Trump vient de dire qu’il lui laissait le feu vert ; en d’autres termes, qu’il lui laissait s’occuper du guêpier moyen-oriental. Alors, je crois qu’il va attendre tranquillement que Poutine, à force de recevoir de grosses piqûres, s’affaiblisse et, donc, perde de sa superbe, c’est-à-dire que les événements lui clouent le bec.

Le retour de Daech à Palmyre et la destruction du Tétrapyle, après la récente célébration symphonique par les Russes de la victoire des soldats de Bachar, ont été un camouflet pour Poutine. En outre, tous ces bombardements, tout ce matériel de guerre et tous ces soldats envoyés sur place, cela coûte cher et, au bout d’un certain temps, cela va bien finir par affecter l’économie russe qui, de surcroît, n’est pas très florissante. Alors, il y a toute chance de croire qu’un jour, peut-être dans pas très longtemps, Poutine reviendra à Moscou sur la pointe des pieds après avoir fait une grosse part du boulot nécessaire.

Et ce sera alors le tour des États-Unis de revenir se placer dans le coin. Mais si, par contre, Trump donne un coup de main à Poutine, cela signifie qu’il considère la Russie comme un château de cartes, bref, comme une puissance secondaire qui n’a rien d’inquiétant, Poutine n’étant, pour lui, qu’une sorte de Don Quichotte avec ses moulins syriens. Non ! Je crois que la préoccupation de Trump, c’est la Chine. Et ce n’est pas le fait du hasard si, à Davos, le président chinois – qui est, rappelons-le au passage, le Grand Timonier du Parti communiste de son pays -, a fait l’apologie de la mondialisation. Ah ! l’argent…

Et la France, dans tout cela ? Il y a belle lurette qu’elle n’est plus rien dans la région, et ce n’est pas cette ridicule conférence sur le conflit israélo-palestinien qui s’est tenue récemment à Paris (sans les acteurs intéressés !) qui nous contredira. Mais elle continuera, comme à son habitude, à être un spectateur assidu qui voudrait bien monter sur la scène.

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