On le sait depuis longtemps, les Français – moi le premier – se trompent assez systématiquement sur les présidents qu’il faudrait élire chez eux mais en revanche, à les entendre et les médias de renchérir, ils seraient remarquables pour désigner, dans les pays étrangers, les candidats qu’il conviendrait de faire gagner.

Généralement, c’est l’autre qui remporte la victoire.

Ronald Reagan a été méprisé en France et les États-Unis en ont fait un président de qualité qui a su s’entourer parfaitement et réussir.

Richard Nixon était traité avec une condescendance et une partialité lassantes par les médias français et il a accompli un premier mandat exceptionnel.

Le président George Bush junior était évidemment disqualifié pour être réélu et sa victoire, pourtant, a été indiscutable.

Nous devrions abandonner toute idée de voter à la place des autres peuples, sans compter que notre classe politique et ses plus hauts représentants, en particulier depuis 2007, n’ont pas été à ce point brillants qu’ils aient pu donner des leçons à quelque pouvoir que ce soit.

Heureusement, la France a la grande chance de pouvoir se mettre aujourd’hui sous la caricature le milliardaire Donald Trump, qui semble vouloir donner des gages à tous ceux qui détestent les USA, leur politique et leur système de désignation des candidats républicain et démocrate.

Ce qui était inconcevable hier semble aujourd’hui plausible. Donald Trump sera peut-être, à l’élection prochaine, le candidat républicain. S’il affronte Hillary Clinton, il est possible, voire probable qu’il soit défait mais la joute sera rude et la démocrate aura bien besoin de l’appui de son mari et de sa fille pour vaincre.

Qu’on arrête tout de même de tomber des nues, comme si Donald Trump était une sorte de clown alors que son habileté, pour séduire les Américains, a été précisément de se présenter sciemment comme une caricature, notamment sur le plan physique, pour créer avec eux une relation de proximité, de familiarité, de dérision presque affectueuse, au pire.

Donald Trump est un homme qui dépense son propre argent et cette liberté, cette indépendance qu’il revendique souvent, lui assurent le soutien fort de ceux pour qui l’État et ses subsides sont le mal. Ils s’imaginent sans doute que, doué pour entreprendre et mener ses affaires, Trump gérera son pays de la même manière.

Ce républicain est atypique et il est vraisemblable que si ses rivaux les plus sérieux dans son camp – Marco Rubio et Ted Cruz – parvenaient à le devancer, les Américains auraient avec eux un programme structuré, cohérent, homogène et totalement conservateur.

Ce qui suscite l’adhésion à l’égard de Trump, ce n’est pas seulement l’impression qu’il tiendrait ses engagements mais que ceux-ci sont tellement pluralistes et, par certains côtés, contradictoires qu’ils ne peuvent émaner que d’une personnalité elle-même ouverte, ligotée par rien, capable d’aller faire son miel ici avec l’État, là avec l’initiative privée. Loin que son absence de classicisme sur le fond le handicape, elle mobilise et enthousiasme les électeurs qui rêvent de la politique comme un défi, une aventure, une nouvelle « frontière ».

Qu’on le déplore ou non, ce qui rend la démarche de Donald Trump étonnante et convaincante, aussi choquante qu’elle apparaisse à beaucoup, est qu’elle intègre tout ce qui en général traîne dans les coulisses de l’esprit et s’exhibe dans une plénitude où l’homme politique n’a plus de secret, met cartes sur table et offre au citoyen, qui n’a que trop tendance à soupçonner, une transparence qui le comblera.

Extrait de : Un Donald, ça Trump énormément !

29 février 2016

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