À partir de ce 1er janvier, vous êtes censés avoir accepté de donner vos organes en vue d’une greffe en cas d’accident mortel, sauf si vous avez stipulé votre refus, par écrit ou en vous enregistrant sur le site registre national des refus.

Le but est clair et semble louable : rendre plus facile le prélèvement d’organes et la greffe pour ceux qui sont en attente.

La mort accidentelle d’un être cher, jeune de surcroît, est un malheur que je ne souhaite à personne. Jusqu’à présent, le médecin non seulement devait annoncer l’affreuse nouvelle à un père et une mère effondrés, mais en plus leur demander à chaud l’autorisation d’effectuer le prélèvement des organes.

C’est notre rôle, en tant que médecin, d’annoncer de telles mauvaises nouvelles. Mais je peux vous dire que j’ai eu une boule dans la gorge dans de telles circonstances. Voir de pauvres parents anéantis de détresse est une expérience éprouvante.

Alors, avoir à demander une autorisation de prélèvements d’organes rajoutait de la peine à la peine. Et elle requérait des parents une décision à chaud qui devait être éprouvante pour eux, déjà bien fragilisés dans de telles circonstances.

La nouvelle loi rendra-t-elle cette annonce moins pénible ? Peut-être un peu – un tout petit peu. Le fait est que les parents ne seront donc plus mis à contribution pour décider.

Mais le médecin devra parler avec égards pour mettre les parents devant le fait accompli. Il pourra, simplement, se retrancher derrière la loi pour annoncer (car c’est la moindre des choses) qu’un prélèvement d’organes aura lieu avant que le corps ne soit remis à la famille.

C’est donc pour les receveurs que la loi va être favorable, et c’est pour eux qu’on peut vraiment se réjouir de cette dernière.

Quant aux familles, pour déminer le problème de don d’organes, il serait plus simple que nos jeunes expriment spontanément leur position à leurs proches sur cette question s’ils venaient à décéder (car ce sont nos jeunes adultes qui sont des donneurs potentiels, ne nous voilons pas les yeux).

Ne faisons pas de la mort un sujet tabou. Elle fait partie de la vie. Parlons-en. Exprimons notre volonté. Une fois pour toutes. Et nous pourrons, peut-être, épargner une détresse de plus à ceux que nous aimons si nous venons à mourir.

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