Le mardi 21 mai, Dominique Venner, 78 ans, a mis fin à ses jours devant l’autel de Notre-Dame de Paris. À sa famille, je présente mes très sincères condoléances et l’expression de ma profonde sympathie.

Simple contributeur de , je vais me distinguer des « vrais » journalistes, de ceux qui ont fait la même école, qui ont les mêmes patrons, qui se couchent devant (ou avec) les mêmes politiciens, et qui votent comme un seul homme : ainsi, je ne qualifierai pas le défunt « d’essayiste d’extrême droite ». Tout d’abord, parce que Dominique Venner ne s’est pas contenté « d’essayer », il a sans cesse agi, fait et créé. Ensuite, parce que la locution « d’extrême droite » est devenue l’étiquette de toute personne qui refuse le prêt-à-penser, une appellation bien réductrice pour celui qui, sur les pas de Jacques Bainville, a étudié l’histoire à travers le prisme du présent pour se forger sa propre opinion, en perpétuelle évolution.

Bref, après avoir été militaire et militant, Dominique Venner est indiscutablement un écrivain, un historien et un éditeur.

Le matin même de sa mort, il publiait sur son blog un texte traitant du mariage des homosexuels, « une loi infâme », et de la montée de l’islam, « un péril autrement catastrophique pour l’avenir ». Il concluait sur ces mots :

« Il faudra certainement des gestes nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines.

Nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes.

Il faudrait nous souvenir aussi, comme l’a génialement formulé Heidegger (Être et Temps) que l’ de l’homme est dans son existence et non dans un "autre monde". C’est ici et maintenant que se joue notre destin jusqu’à la dernière seconde. Et cette seconde ultime a autant d’importance que le reste d’une vie. C’est pourquoi il faut être soi-même jusqu’au dernier instant. C’est en décidant soi-même, en voulant vraiment son destin que l’on est vainqueur du néant. Et il n’y a pas d’échappatoire à cette exigence puisque nous n’avons que cette vie dans laquelle il nous appartient d’être entièrement nous-mêmes ou de n’être rien. »

À la lecture de son papier, j’ai immédiatement pensé à Pierre Drieu La Rochelle qui écrivait : « Nous saurons qui nous sommes quand nous verrons ce que nous avons fait. »

Drieu La Rochelle a préféré le suicide à l’exil.

Dominique Venner a choisi de s'indigner autrement qu'en publiant un manifeste et en fréquentant les plateaux télé.

57 vues

21 mai 2013

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.