Les temps sont durs aux hommes d'honneur, et c'est un autre de nos grands anciens qui s'en est allé, libre et droit, braver la mort.

Dominique Venner, à l'image de plusieurs de ces Français nés de l'entre-deux-guerres, n'était pas un tiède : il l'a prouvé dans la vie comme dans la mort, fût-elle sacrilège. Engagé tôt dans l'armée, il fut volontaire pour l'Algérie dans une unité parachutiste. Engagement qu'il prolongea ensuite au sein de l'OAS et paya d'un séjour à la Santé que les commentateurs n'ont pas manqué de souligner... Nous aimerions leur répondre avec François Mitterrand, lorsqu'on l'entreprenait sur son passé vichyste : « Et alors ? J'aurais bien aimé vous y voir ! »

Comme ses pairs — acteurs ou témoins, combattants toujours — Dominique Venner faisait partie d'une génération d'hommes qui ne connurent de la que la guerre. D'une génération qui souffrit les tourments du siècle passé dans sa chair et qui choisit de nommer son engagement « Indochine » ou « Algérie » quand les abstraits du camp d'en face théorisaient le leur, au chaud des brasseries parisiennes. D'une génération lucide et patriote que l'on croyait vaincue par l'air du temps, la prison et les morts mais qui avait, avant que c’en soit la mode, annoncé les périls qui nous submergent aujourd'hui. D'une génération glorieuse et guerrière enfin — la dernière — qui, par le fracas d'une volontaire, se rappelle à nous quand tout concourt à la taire.

Fait rare, Dominique Venner avait su, avec l'âge, muer l'homme d'action en homme de réflexion et, par ses publications, rencontrer un large public malgré les constantes railleries de la pensée dominante. Auteur du fondamental Siècle de 1914, sa Nouvelle Revue d'Histoire avait réussi à fédérer tout ce que les contempteurs de « l'historiquement correct » comptent de plumes brillantes, travaillant à la « réforme intellectuelle et morale » que Renan appelait de ses vœux et dont il se fit l'écho — une dernière fois — dans sa note d'adieu. Fait plus rare encore, sa en stoïcien vient nous rappeler, de la plus rigoureuse manière, combien il était à ranger parmi le nombre restreint des penseurs confrontant leurs actes à leur doctrine. « Nous entrons, nous écrivait-il encore, dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes... »

Ainsi, cher Dominique Venner, dans les temps abjects que nous subissons, où le moindre politicard éclaboussé d'affaires affiche sans vergogne sa « confiance en la justice » quand il devrait se suicider de honte, c'est toute l'ardente de France qui salue en vous « l'Honneur et la Loyauté qui passent ». Ohé des jeunes ! Fort et clair, chantons avec lui qui nous avait donné des armes pour bâtir une Europe souveraine et riche des tréfonds aristocratiques de son âme millénaire. Avec lui, chantons le vieux chant de marche de nos braves disparus : « Adieu, vieille Europe, Que le diable t'emporte, Adieu, vieux pays... »

24 mai 2013

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