La prise de Mossoul par l’ irakienne marque une étape importante du reflux de Daech. Le groupe terroriste présent en et en Syrie depuis près de quatre ans est menacé de désagrégation. Les sponsors de l’État terroriste l’auraient-ils lâché ? Possible, car le premier financeur, l’Arabie saoudite, est parti en guerre contre son voisin qatari dans un jeu de suprématie régionale. Ce conflit entre les deux pétromonarchies pourrait finalement être nuisible à la France et aux pays occidentaux si, d’aventure, Riyad parvenait à ses fins.

Que se passe-t-il depuis un mois entre l’ et le Qatar ? La volonté de mettre sous tutelle ce petit État peut paraître surprenante, tant le rapport de force est déjà en faveur de Riyad. L’Arabie saoudite a, en effet, réussi à coaliser Bahreïn, les Émirats arabes unis et l’Égypte contre cet État confetti. Une armada bien grande, pour mettre au pas un Qatar accusé de liens avec le terrorisme. Mais, attention : derrière ce prétexte se cache une volonté hégémonique qui doit permettre à l’idéologie wahhabite de conquérir l’ensemble de l’espace musulman et du monde.

La région, marquée par le sempiternel conflit avec les chiites, l’est aussi par une rivalité grandissante entre les courants les plus radicaux au sein même du sunnisme. La désunion règne entre le Qatar, qui soutient la mouvance des Frères musulmans, et son grand voisin à la vision encore plus rigoriste, qui ne jure que par le wahhabisme et ses avatars meurtriers comme Daech.

L’élément déclencheur du conflit est peut-être la visite, dans le golfe Persique, de Donald Trump deux semaines avant le début de la crise. Un chef d’État américain qui a désigné l’Iran comme la principale menace dans la région, signalant implicitement à l’ qu’elle avait désormais les mains libres pour accélérer sa stratégie de domination sur ses voisins.

Les désirs d’hégémonie du prince Salmane sont de plus en plus clairs, en témoigne l’offensive du royaume au Yémen. Diplomatique et militaire, l’expansion saoudienne passe aussi par les pétrodollars : ces dernières décennies, les mouvances musulmanes les plus radicales auraient bénéficié de près de 100 milliards de dollars de financement saoudien. Un chiffre faramineux, quand on se souvient que l’URSS, dans sa stratégie d’influence du bloc de l’Ouest, n’avait dépensé “que” 7 milliards de dollars (Le Huffington Post).

Laisser l’ remporter son bras de fer avec le Qatar représente un risque considérable pour les Occidentaux : actuellement, le djihadisme international peine à dépasser les dissensions entre les différents courants islamistes du Golfe. Mais si les Saoudiens mettent au pas le Qatar, ils auront définitivement le champ libre pour diffuser leur idéologie wahhabite dans tout musulman. Et ils le feront avec l’aval d’un Occident qui n’aura pas su diviser son adversaire pour mieux le contenir.

12 juillet 2017

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