On ne s’attendait pas vraiment à ce qu’Erdoğan devienne un jour l’idole des féministes, encore moins que ce nouveau sultan d’un État toujours plus islamique donne à la femme un quelconque rôle de quoi que ce soit.

Mais nul besoin de sortir l’indignation féministe en toute occasion, comme si elle était la réponse incontournable.

"Notre religion (l'islam) a défini une place pour les femmes (dans la société) : la maternité" , a déclaré le chef d'Etat turc devant un grand nombre de femmes réunies pour un sommet sur « la justice et les femmes ». 

On a le droit de ne pas être d’accord mais ce n’est pas une opinion en l’occurrence, c’est une description. C’est effectivement la place que l’ donne à la femme.

Puis il a continué : "Certaines personnes peuvent le comprendre, d'autres non. Vous ne pouvez pas expliquer ça aux féministes parce qu'elles n'acceptent pas l'idée même de la maternité."

Difficile de lui donner tort alors que le féminisme érigé en doctrine intouchable faisait de l’avortement un "droit fondamental" le même jour en France, à l’aide d’un argumentaire qui ne va pas tarder à annoncer clairement que la grossesse est une aliénation.

Qu’a-t-il ensuite déclaré ?  "Vous ne pouvez pas demander à une femme de faire tous les types de travaux qu'un homme fait […] vous ne pouvez pas leur demander de sortir et de creuser le sol, c’est contraire à leur nature délicate."

Pas de quoi hurler au scandale, il reste quelques femmes finalement bien contentes qu’un homme porte leur valise ou leur propose de faire les travaux… Et si une jeune femme désirait ardemment creuser un trou malgré les déclarations d’Erdoğan, peu de chance que quiconque l’en empêche.

Il n’y a finalement qu’une déclaration qui mérite réellement un commentaire : "La femme ne peut naturellement pas être l'égale de l'homme."

Forcément, entre l’islamiste qui déclare l’homme et la femme « inégaux » et les féministes qui répètent qu’ils sont les mêmes, il y a un fossé, dans lequel se trouve une réponse équilibrée, portée par 2.000 ans de christianisme, que Caroline Fourest et ses copines le veuillent ou non.

L’homme et la femme sont égaux, mais différents. La femme ne se réduit pas à sa mais elle peut se sentir parfaitement libre en considérant que porter la vie est la plus belle chose dont elle soit capable.

L’homme peut également considérer sa femme comme son égale tout en désirant ardemment la protéger… On n’est pas obligé de passer de la soumission à la guerre, on peut paisiblement s’accomplir dans la complémentarité, librement. Et rejeter le propos majeur d’Erdoğan, donc.

Mais ce n’est pas à lui qu’il faut s’en prendre, c’est à l’islam. Car, pour l’affirmer, il s’appuie sur le Coran. Ce livre qui affirme que "les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci"...

N’ayant aucune compétence d’exégèse, jugeons l’arbre à ses fruits et encourageons nos spécialistes du « pas d’amalgame » à faire de même : observons.

Le principal problème de la femme dans les pays musulmans n’est sans doute pas l’interdiction de creuser des trous… Ce qui ne veut pas dire non plus qu’il soit celui de la maternité.

Et si, là aussi, il manquait la reconnaissance d’une complémentarité ?

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28 novembre 2014

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