Encore une mauvaise nouvelle pour les socialistes, peut-être pire que celle de l’augmentation du chômage : le chanteur Renaud envisagerait de voter Fillon en 2017. « Je vais peut-être voter pour un François Fillon que je pense être un honnête homme, un vrai républicain », a-t-il déclaré au Journal du dimanche.

On imagine la réunion de crise à l’Élysée avec le petit Gaspard Gantzer et Mme Azoulay, appelée d’urgence au Château pour essayer de faire face à ce nouveau séisme dont on se serait bien passé…

C’est comme si Louise Michel s’était ralliée à M. Thiers ou Georges Brassens à Antoine Pinay ! Vous voyez un peu, dans le incongru, on n’avait sans doute jamais vu cela. Il y a deux jours, Le Point titrait déjà « PS : les militants quittent peu à peu le navire. » Si, en plus, les icônes de la deviennent sensibles aux charmes de cette bourgeoisie provinciale et catholique, c’est à désespérer non pas Billancourt mais ce qu’il reste de Saint-Germain-des-Prés.

Souvenez-vous : lors de la dernière , François Hollande était allé ânonner nuitamment « Il n’y a plus d’après à Saint-Germain-des-Prés » avec une Emmanuelle Béart, son zénith inéluctablement derrière elle. Une sorte de crépuscule des nuls, prémonitoire et annonciateur de déroutes grandioses et magnifiques.

Certes, Renaud n’est pas du genre gauche lisse et bien sous tous rapports – de préférence protégés -, comme la couverture de Télérama ou des Inrocks, journaux délicatement posés sur la table achetée chez Ikéa le week-end dernier après être allé faire son marché -équitable. La gauche de Renaud, c’est celle de la classe ouvrière dont, du reste, il n’est pas. Ce n’est en tout cas pas celle des bobos, « une nouvelle classe. Après les bourges et les prolos. Pas loin des beaufs, quoique plus classe », comme il chantait en 2006. Une nouvelle classe qui « écoute Info toute la journée » et « adore le maire de Paris », en rajoutait-il, très observateur. Une chanson qui aurait dû mettre la puce à l’oreille à l’époque. On ne se méfie jamais assez des siens.

Oui, décidément, le coup est rude. « Je suis profondément désabusé par la politique, notamment celle dite de gauche de ce gouvernement pourri qui vote des lois que même la n’aurait pas osé voter, sur la réforme du Code du travail ou la … Plus jamais je ne donnerai ma voix aux socialistes », insiste lourdement Renaud dans Le Figaro.

Le coup est rude aussi pour . Celui qui se pose en infatigable Emmaüs de la gauche – toujours à l’affût d’une vieille idée, d’un artiste nostalgique du Grand Soir ou d’un politicien de gauche en rupture de ban à recycler – est très, très dépité. « Quand on est Renaud, on ne vote pas Fillon », a-t-il déclaré, définitif, hier au “Grand Jury” RTL. Il est vrai que Mister Renaud n’a pas été tendre avec lui : « », « aventurisme », « idéalisme désuet » : tout y est passé.

Bon, de là à voir Renaud enfiler des pantalons gris et des blazers croisés avec pochette assortie aux chaussettes, il y a encore sans doute un peu de marge. On se calme, je vous prie, dans les gentilhommières de la Sarthe !

4 avril 2016

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