Ah… D’Jack Lang… L’ineffable Lang, toujours tel qu’en lui-même : pompeux, “époustouflifiant”, amoureux de sa personne jusqu’à la pâmoison. Et tellement prévisible qu’il en deviendrait presque attachant !

Président de l’Institut du monde arabe depuis deux ans, il a accordé un entretien au site ParisMatch.com. Il a, dit-il, totalement redressé les finances de la maison ; si c’est vrai, c’est tant mieux. Glisse au passage une peau de banane pour son ex-collègue Agnès Saal, la dame aux 40.000 euros de taxi : “Ici, il n’y a pas de chauffeur, il faut batailler sur tout.” Oublie sa propre ardoise du traiteur libanais. C’est que lui, il fait tout très bien. Bien mieux que les autres, surtout. Et puis, dit-il, “Moi, je déteste avoir des trous dans les comptes. Pour moi-même comme dans mon travail, j’ai horreur de ne pas respecter le budget.” Et là, pardon, on est pris d’une immense envie de rigoler.

Parce que ce cher Jack a toujours vécu très largement aux frais de la princesse. Et quand il évoque son refus d’entrer au par crainte de “vivre dans un cocon doré”, là, on se tient franchement les côtes : les cocons dorés, il n’a connu que cela depuis sa bonne ville de Nancy !

À l’en croire, les petits du gouvernement Hollande ne valent pas un clou, alors que du temps de Mitterrand, quand la France, par sa grâce, passa d’un coup “de l’ombre à la lumière” (Lang dixit le 10 mai 1981), ils étaient tous extrêmement compétents. Lui surtout. Assez, en tout cas, pour rester le grand ordonnateur des fêtes mitterrandiennes, doté d’assez de talent et de ténacité pour, accroché comme un pou sur un cheveu, passer sa vie balloté de mandats en sinécures, de présidence de commissions en présidence d’institutions, de ministères en musées… À nos frais, toujours. Et Dieu sait que en aura profité…

Mais ça n’est pas encore assez, le bonhomme est frustré. Et quand on lui dit “Vous avez une carrière que beaucoup vous envient”, c’est le dépit qui jaillit : “J’ai un immense regret : ne pas avoir été maire de Paris. Cela, c’est un gros loupé. L’appareil socialiste m’en a empêché, j’ai dû déclarer forfait au profit de Bertrand Delanoë. Si j’étais devenu maire de Paris, ma trajectoire entière en aurait été transfigurée.”

Comment dire, cher Jack… en tant que Parisienne, je pense que le Ciel, ce jour-là, a inspiré vos amis du parti, car vous offrir un pareil terrain de jeu aurait assurément signé notre ruine. Vous connaissant, on aurait eu la deux fois par mois et la foire à la saucisse 365 jours par an. Au nom de l’art pour tous et par tous, on emmènerait aujourd’hui les enfants des écoles en rang par deux pour taguer les murs des immeubles fraîchement ravalés et l’on poursuivrait Plages jusqu’à Rouen et Paris Ski jusqu’à Courchevel…

Mais tout n’est pas perdu. D’Jack is D’Jack. Et comme il avait lancé en 1986 – avec ses potes Tapie et Bergé – sa grande campagne “Allons Z’Idées” autour de son portrait retouché par Kiki Picasso, il nous annonce qu’un grand projet “est en train de mûrir dans [s]on esprit”. Lequel ? C’est encore un mystère : “Je souhaite contribuer à la restauration d’une fierté française.” Et ça passerait par quoi ? lui demande Catherine Schwaab. “Ça passerait par redonner au pays une fierté d’être soi, avec un événement qui traverserait les expériences, les cultures, tous les citoyens, les mille initiatives qui irriguent ce pays. Et qui rayonnerait dans toute la nation et à l’étranger.”

Quoi ? Un canon à confettis sur la lune ? Un lâcher d’éléphants roses ? Le portrait de D’Jack en orbite sur une voile solaire ?

4 août 2015

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