Dimanche, , invité au Grand Rendez-Vous (Europe 1/i>Télé/Le Monde), affirmait à propos d’un éventuel rapprochement avec le Front national que « jamais, il n’y aura jamais d’alliances avec ces gens-là ! » Fichtre ! Mais qui sont « ces gens-là » ?

Des criminels en liberté conditionnelle, des voyous en semi-liberté purgeant leur peine de probation, des hommes politiques ayant des comptes en Suisse ?

Pascal Perrineau [politologue et spécialiste de sociologie électorale], qui décrivait le rajeunissement électoral de « ces gens-là », l’expliquait notamment par l’afflux de jeunes bien particuliers : les jeunes apprentis et les jeunes en phase d’insertion professionnelle difficile. Des manuels, des ignorants, des paumés, quoi ! Des gens qui pensent en noir et blanc, dira Jean-Yves Camus [chercheur à l’IRIS et spécialiste des populismes] à propos de certains militants. Des imbéciles, en somme.

Mais selon la grille de lecture de François Baroin, le FN est et ne reste principalement que d’extrême droite, et donc des ennemis irréductibles du gaullisme

Et pourtant, cette Europe que souhaitait construire le Général de Gaulle n’était-elle pas une Confédération des différents États qui ne devaient perdre ni leur corps, ni leur âme, ni leur figure et ne déléguer qu’une part de leur souveraineté en matière stratégique, économique et culturelle ?

N’était-ce pas le même Général de Gaulle qui souhaitait créer cette Europe confédérée à partir d’un vaste référendum, et lui donner ainsi une base populaire et démocratique ?

Alors Monsieur Baroin, croyez-vous qu’un gouvernement de droite, qui, en 2005, n’a pas tenu compte du non des Français à la Constitution Européenne, soit lui-même très gaulliste ?

Et lorsque Bruxelles ou Washington dictent leurs directives aux États membres et, à l’occasion, les punissent pour leurs manquements, cela traduit-il pour vous l’héritage gaulliste de la France ?

Pensez-vous qu’un Chirac, oublieux des propos du Général sur le sujet, déclarant les racines de la France autant musulmanes que chrétiennes, révèle, lui, un esprit irréductiblement gaulliste ?

Le Général de Gaulle n’appréhendait-il pas la perte de l’identité française lorsqu’il soulevait, telle une trahison, la perspective de voir se transformer Colombey-les-deux-Eglises en Colombey-les-deux-Mosquées ?

Enfin, imagine-t-on le soldat de Gaulle partir en croisade contre les stéréotypes de et imposer à des enfants de maternelle des cours sur la sexualité ?

La droite qui, depuis Chirac, a jeté les valeurs gaullistes aux orties autant que la gauche a renié les valeurs socialistes en appelant même – comme le fit Ségolène Royale en 2011 « aux choix gaullistes » – ont machiavéliquement fait de De Gaulle le Général du second Camp du Bien… Pas sûr qu’il apprécierait…

À lire aussi

Blanquer veut des élèves habillés « d’une façon républicaine »

Suite au mouvement #lundi14septembre, déclenché après la réaction de certains établissemen…