« Une fois encore, l’extrême droite montre son vrai visage, celui de la haine qui affaiblit la République », déclarait Jean-Luc Cambadélis le mercredi 2 décembre.

À l’origine de son émoi ? L’interruption d’une réunion organisée par le Parti socialiste sur le thème « La montée de l’extrême droite en région PACA », à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence. Faisant irruption dans l’établissement, une vingtaine de militants de l’Action Française ont suspendu quelques minutes le « sommet républicain », coupant dans leur élan les militants PS qui avaient entonné l’Internationale…  « Nous, militants nationalistes, ne sommes pas responsables de la mort de 150 de nos compatriotes. Dénoncer l’extrême droite n’est qu’un prétexte, un fantasme », ont scandé les jeunes royalistes, soulignant l’inanité du thème de la conférence.

Tel ne semble pas être le point de vue de Jean-David Ciot, député socialiste des Bouches-du-Rhônes, qui s’est indigné de « la récurrence de ces dérives violentes et sectaire »  à l’heure où « notre Nation se rassemble […] pour faire bloc contre la haine et l’intolérance ». Face à de telles « dérives » – soit la scansion de slogans et le jet de quelques boules puantes -, le parlementaire en appelle à la résurgence du respect de l’autorité républicaine. L’attitude irréprochable de cet élu de la République n’est plus à démontrer : on rappellera que Jean-David Ciot avait fait, en 2013, l’objet d’une information judiciaire ouverte contre X pour détournements de fonds publics. Pour autant, cela ne semble pas arrêter l’éminent membre du Parti socialiste qui, tout en rappelant que « notre démocratie offre un cadre extrêmement large au débat d’idée », demande la dissolution de l’Action Française. Dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, M. Ciot souhaite qu’il soit mis un terme au « groupuscule d’extrême-droite ». Qualificatif relevant soit d’une profonde méconnaissance soit d’une sérieuse hypocrisie, on rappellera, à  toutes fins utiles, que ce mouvement politique royaliste et nationaliste, héritier des idées de Charles Maurras et de Léon Daudet, ne saurait relever de cette extrême-droite honnie par les tenants du « pluralisme démocratique »… Car le député ose encore faire appel au postulat de la variété des points de vue… au titre que l’Action Française exprimait une position divergente à celle de l’assemblée PS réunie. L’éloquence de l’argument est encore à peser.

« Cette action me semble nécessaire pour éviter que, demain, de nouveaux coups de force ne soient opérés dans notre ville contre le pluralisme démocratique », conclut le Député Ciot, ébauchant la menace imminente de l’Action Française contre l’autorité gouvernementale. Quelle meilleure (et ô combien fallacieuse) position que de se faire le défenseur de la République, à l’heure où celle-ci est jugée par la majeure parti des élites politiques comme le dernier rempart contre les attaques perpétrées contre la nation française ? Ignominie d’une récupération à double vitesse : on attend encore que les pseudo « groupuscules d’extrême gauche » fassent l’objet d’un examen aussi attentif… Reste à souhaiter au vertueux lutteur socialiste de la ténacité dans son combat. L’Action Française, de par son passé, son histoire, est bien plus qu’un mouvement politique : véritable courant de pensée, elle est l’esquisse d’un « nationalisme intégral» valeureux, révélé par les plumes magistrales des Bainville, Daudet, Dimier, Pujo et tant d’autres. Nul doute que Jean-David Ciot saura faire face aux héritiers de ces gardiens de l’Esprit Français.

5 décembre 2015

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