Le syllogisme « l’euro, c’est l’, et l’Europe, c’est la paix » est triplement faux, à la fois historiquement, économiquement et socialement. Certes, la guerre économique a remplacé la guerre tout court, mais personne n’a montré ou démontré pourquoi l’Europe voulue par Bruxelles, le FMI ou la BCE serait moins dangereuse pour ses membres qu’une Europe des nations telle que celle envisagée par .

Depuis la création de l’eurozone, l’excédent commercial de la s’est transformé en un toujours grandissant, d’un montant supérieur à l’impôt sur le revenu que nos compatriotes trouvent pourtant presque insupportable, ce déficit étant accompagné de son lot de délocalisations qu’, en dépit de ses prises de position énergiques et quelque peu désordonnées, semble bien incapable de contrecarrer.

Il est vrai qu’à l’intérieur du système actuel, cette tâche semble bien difficile, voire impossible. Et alors que la plupart des économistes avouent à demi-mot que l’eurozone est une zone inefficace et sous-optimale, du fait de l’hétérogénéité des pays qui la composent, notre Laurent Fabius national continue à affirmer des contre-vérités plus grosses encore que les placements immobiliers de son rejeton – à savoir que des emprunts immobiliers libellés en euros, une fois transformés en « monnaie nationale française », conduiraient à la ruine de notre pauvre débiteur –, alors que, bien entendu, cela n’aurait strictement aucun impact. Difficile d’imaginer, devant une telle ineptie, que le sieur Fabius a été le plus jeune Premier ministre de la Ve République.

Quant au slogan « Le , c’est la fermeture des », c’est là encore tordre la vérité d’une manière qui serait risible si elle n’était apparemment si convaincante. La France a toujours été un pays relativement ouvert, puisque ses exportations ont toujours représenté entre le cinquième et le quart de sa production nationale. Lorsque Marine Le Pen parle de protectionnisme intelligent et d’écluses commerciales, c’est donc du simple bon sens : il s’agit de rééquilibrer les échanges, et de faire en sorte que ses exportations soient un peu plus importantes, et ses importations un peu moins, ce qui a été le cas de façon ininterrompue entre 1992 et 2002, pendant une période où l’euro n’existait pas encore, et à un moment où l’on pouvait encore se demander si la libéralisation totale des échanges voulue par l’OMC était réellement l’alpha et l’oméga des relations internationales.

Alors allons-nous, ou non, accepter aveuglément les arguments, ou plutôt les slogans – les fameux « éléments de langage » – des tenants du système mortifère qui dirigent la France depuis tant d’années, ou allons-nous, enfin, ouvrir les yeux et choisir de prendre notre sort en main ? C’est tout l’enjeu des prochaines années.

7 juillet 2013

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