La Chambre des députés a été très agitée, le dimanche 17 avril, au . Les “pro-Dilma” et les opposants étaient tout près d’en venir aux mains, alors qu’à l’extérieur, les manifestations en faveur et contre la présidente se rassemblaient.

“La session est ouverte sous la protection de Dieu et au nom du peuple brésilien”, a déclaré le président de la Chambre, Eduardo Cunha, dans une ambiance survoltée, sous les cris de quelques députés “Non au coup d’État” ou bien “Impeachment immédiat”. L’auteur du rapport a pris la parole pour recommander la destitution, puis les 513 députés ont été convoqués pour indiquer leur choix et le justifier au micro en 10 secondes. Résultat: 367 votes pour le “oui” (soit 25 de plus que les 342 nécessaires pour engager le processus de destitution) et 167 voix pour le “non”.

Quand le député Bruno Araujo annonça les résultats, ce fut une explosion de joie dans les principales villes du pays. A São Paulo a eu lieu la plus forte manifestation contre . Le rapport de la Chambre a été remis au Sénat, qui décidera par la majorité simple des 81 membres si doit s’ouvrir la procédure de destitution – vers le 10 mai – après audition des parties prenantes. Si le Sénat approuve par 54 voix cette procédure, sera destituée. Le vice-président, Michel Temer, prendra alors sa succession jusqu’à la fin du mandat, en 2018, si Rousseff est déclarée coupable à l’issue des 180 jours de procédure pour établir le jugement définitif.

Le mardi 19 avril, le Sénat a commencé les délibérations par la lecture du rapport transmis par la Chambre des députés. Dilma Rousseff continue à se dire victime d’un coup d’État de la part de son vice-président et du président de la Chambre ; elle parle de déstabilisation politique qui provoque “la colère, la haine et la persécution”.

Elle vient de passer deux jours à New York pour signer l’accord de Paris au siège des Nations unies, où elle a profité de son passage pour dénoncer la tentative de coup d’État. Le paradoxe est qu’elle a dû laisser l’intérim du pouvoir, pendant ces deux jours, à son vice-président avec lequel elle a rompu toute relation.

Lundi 25 avril, la commission composée de 25 sénateurs s’installe pour analyser les accusations contre Dilma Rousseff, reçues de la Chambre des députés. Les sondages semblent indiquer qu’au moins 46 sénateurs voteraient en faveur de la destitution et 20 contre, pour 15 indécis. À moins de quatre mois de l’ouverture des Jeux olympiques de Rio, nombreux sont les observateurs qui jugent la crise politique brésilienne préoccupante.

Certains, à gauche, n’hésitent pas à trouver disproportionné le rôle des juges, sans vouloir reconnaître que le juge Mora a mis au jour des pratiques de corruption à grande échelle entre l’entreprise pétrolière nationale Petrobras et des entreprises de travaux publics – le groupe Odebrecht, en particulier, dont le président a été incarcéré. Avant de succéder à Lula à la présidence du Brésil, Dilma Rousseff a dirigé un temps l’entreprise Petrobras, qui aurait financé ses campagnes présidentielles. Tout ceci devra être examiné pendant la procédure de destitution si elle voit le jour, après la décision des sénateurs.

Le feuilleton continue maintenant au Sénat.

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