Écartée du pouvoir depuis le 12 mai 2016, accusée de maquillage des comptes publics, la seule consolation de l’ancienne icône de la gauche brésilienne aura été d’entendre la terrible bronca subie par Michel Elias Temer, le président par intérim, lors de la cérémonie d’ouverture de ses Jeux olympiques, qualifié de « traître et de chef de la conspiration » !

Ex-allié de , Michel Temer, 75 ans, homme de l’ombre et d’appareil, à la tête du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centriste), n’est en effet guère populaire : dans un sondage récent, plus de 61 % des personnes interrogées souhaitaient son départ et des élections anticipées… D’autant que président par intérim le temps de la procédure de destitution, Michel Temer a déjà dû se séparer de trois de ses ministres, empêtrés eux aussi dans le scandale politico-financier Petrobras. Il est, de plus, lui aussi, soupçonné dans cette affaire d’avoir reçu des fonds électoraux illégaux pour financer sa campagne électorale en tant que vice-président de

Dans la nuit du mardi 8 au mercredi 9 août, à une large majorité, les sénateurs (59 voix sur 81) ont donc voté l’ouverture d’un procès en destitution de Dilma Rousseff. Celui-ci devrait se tenir le 25 août, quatre jours après la fin des Jeux olympiques. Il faudra alors un vote des deux tiers des sénateurs (54 voix sur 81) pour voter cette destitution et, comme le souligne le politologue Everaldo Moraes, de l’université de Brasilia, « Dilma Rousseff aura besoin d’un miracle pour ne pas être destituée. »

Présidente la plus impopulaire de l’histoire du , Dilma Rousseff n’hésite cependant pas à abattre ses dernières cartes : elle annonce la publication d’une « lettre au peuple brésilien » dans laquelle elle s’engagerait à recourir, si elle n’était pas destituée, au référendum pour éventuellement avancer la date de prochaine présidentielle prévue en 2018. Ses partisans, de moins en moins nombreux, viennent également de dénoncer auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), basée à Washington, des irrégularités dans le processus de destitution…

Il est peu probable que ces deux démarches puissent sauver l’ex-icône de la gauche morale sud-américaine. Destituée, Dilma Rousseff pourrait également être privée de ses droits civiques pour une durée de huit ans. Sa chute mettrait également un terme à treize années de pouvoir du Parti des travailleurs (PT) et au rêve « d’une société plus juste, plus humaine » qu’il prétendait incarner… Michel Temer remplacera alors définitivement Dilma Rousseff jusqu’à la fin du mandat présidentiel, en 2018.

Mais nous l’avons souligné, la justice enquête également sur les accusations formulées contre le président intérimaire Michel Temer et le versement de sommes illicites pour financement de sa campagne électorale en 2014. Si ces faits étaient avérés, l’élection pourrait être alors annulée.

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