Discours - Editoriaux - Médias - Politique - Table - Télévision - 15 janvier 2017

Deuxième débat de la primaire de la gauche : Macron vainqueur !

, si l’on en juge par ce que l’on a vu et entendu dimanche soir à la télévision, a eu raison de zapper les primaires citoyennes des dimanches 22 et 29 janvier prochains. Il n’en a pas besoin. Il va pouvoir poursuivre sa chevauchée solitaire, loin devant les postulants de la « Belle Alliance Populaire ». Il parvient déjà à mobiliser des foules ; les autres peinent à remplir les salles.

Chouchou des médias, porté par la dynamique des sondages et par la pauvreté de la concurrence à gauche, prompt à occuper le terrain laissé vacant par Alain Juppé, Emmanuel n’est-il pas la dernière – et la meilleure – carte des « hollandais » orphelins ? Incontestablement, l’homme a du charisme, en tout cas plus que son mentor en politique ; il a aussi du talent (notamment celui d’en dire le moins possible) ; son optimisme revendiqué, son sourire et son discours volontariste tranchent avec la sinistrose et le déclinisme ambiants ; il ratisse large grâce à des propos apaisants, voire lénifiants dans un pays et un microcosme qui ont toujours eu du mal à regarder en face les dures réalités… Par son âge, par son aspiration, au moins rhétorique, à dépasser les clivages traditionnels, il incarne non seulement le rajeunissement mais aussi le renouvellement. Il affirme délaisser l’idéologie pour rechercher des solutions pragmatiques.

Les vieux pros de la politique politicienne ne s’y trompent pas : leur jeune collègue va se retrouver porteur de leurs ultimes espoirs ! Déjà, Emmanuel Macron enregistre des ralliements… des seconds couteaux, certes, jusqu’à présent, mais le mouvement va aller en s’amplifiant. D’où viennent ces ralliements ? De plus en plus de la gauche. En coulisses, il se dit que Ségolène Royal ou encore François Rebsamen roulent, déjà, pour Macron, et même que François Hollande pourrait bientôt prendre position en faveur de son ancien conseiller et ministre. Après le temps des fâcheries, il faut bien se rabibocher pour ne pas insulter l’avenir.

Le grand dirigeant du PS Cambadélis commence lui aussi à trouver des vertus à l’ex-banquier d’affaires, notamment celle de convenablement dézinguer François Fillon. Tout est possible, désormais, à gauche, en plein désarroi, à court d’idées, malgré la sympathique tentative de L’Obs, la semaine dernière, pour explorer de nouvelles pistes et stimuler l’imagination socialiste toujours à la recherche d’impôts à lever, de riches à punir, de diversité à promouvoir.

Hier soir, les sept protagonistes de la primaire socialiste (et, accessoirement, radicale et écologiste) ont, pour l’essentiel, repris des préconisations qui ont déjà démontré leur inefficacité ou leur nocivité. Le décalage avec le monde réel qui fait d’eux des candidats « hors-sol » (pour reprendre l’expression de l’ancien ministre Michèle Delaunay) s’est notamment manifesté avec la réaffirmation de l’impératif absolu d’accueil des migrants et la volonté de continuer à remplir le panier percé de l’Éducation nationale. Quant aux belles et fortes paroles sur l’égalité homme/femme et sur la lutte contre l’islamisme radical, les Français ne demandent qu’à y croire, mais ils voudraient surtout qu’elles se traduisent dans les faits. Pour prendre la mesure de la réalité, recommandons à ceux qui ont encore besoin d’être dessillés la lecture du très éclairant reportage publié par Charlie Hebdo cette semaine.

De toute façon, Emmanuel Macron dispose de plusieurs longueurs d’avance sur ces socialistes démonétisés par le quinquennat qui s’achève. Mention spéciale, toutefois, à un candidat qui, parmi les sept, sortait du lot : Jean-Luc Bennahmias, dont l’ardeur juvénile et le look soixante-huitard tranchaient avec une grisaille peu mobilisatrice pour les nostalgiques du discours du Bourget.

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