Un même fait divers, deux façons de voir les choses, d'un journal à l'autre...

Voici ce que, le 24/3, écrivait un journaliste dans L'Est républicain du 24 mars dernier :

"Gray : Bagarre sur fond de racisme
[...] samedi dernier à la mi-journée, le ton est monté bien au-delà du raisonnable, au centre-ville de Gray. Une histoire à l’idiotie sans nom qui débute sur une terrasse d’un bar, des paroles pas vraiment aimables sont échangées entre deux tables qui ne se connaissent pas. D’un côté, une famille, originaire de la Côte d’Or, de l’autre, trois jeunes femmes grayloises. Selon des témoins, elles auraient été prises à partie par leurs voisins bourguignons qui auraient tenu d’hallucinants propos racistes à leur égard. Le ton monte et un projectile est envoyé en guise de réplique. À peine plus tard, un peu plus loin dans la rue, l’histoire se termine de façon tout aussi navrante. Alertés, des proches des Grayloises débarquent et s’improvisent justiciers. Les coups partent. La violence ne s’éternisera pas, puisqu’à l’arrivée de la patrouille de gendarmerie, seule la famille est présente sur les lieux. Elle a déposé plainte en Côte d’Or."

Voici maintenant ce que rapportait le 23 mars un journaliste du Bien public.

"[...] C’est une famille traumatisée qui témoigne aujourd’hui. [...] Ce samedi après-midi, la famille entre dans un bar de Gray, pour manger une glace. Alors qu’ils sont attablés, ils se font importuner par trois jeunes femmes qui lancent un projectile sur Richard (le père). Viviane (la mère) raconte : “Je leur ai demandé de s’excuser, elles m’ont répondu par des insultes et des doigts d’honneur. L’une d’entre elles a sorti son téléphone pour nous prendre en photo. Énervée, je lui ai dit que j’allais lui faire manger. Elles ont alors commencé à téléphoner, comme pour appeler des amis. On a décidé de sortir. C’est là qu’un homme casqué et ganté, qui venait d’entrer dans le bar, est aussitôt ressorti pour frapper, par-derrière, mon beau-père dans le visage.” L’intéressé explique : “Il m’a dit : alors comme ça, on est des sales b… ? Alors que je n’avais pas adressé la parole aux trois filles…” Pascale, la maman, poursuit : “Plusieurs jeunes sont sortis de je ne sais où et ont commencé à frapper, à quatre, mon mari qui était assis par terre, sonné, essayant de protéger son visage. Ils frappaient avec leurs poings, leurs pieds, en visant sa tête. J’étais pétrifiée, j’ai crié aux gens assis en terrasse d’appeler les gendarmes. Aucun d’entre eux n’a bougé.” Alors que Viviane essaie de porter secours à son beau-père, elle se fait frapper au visage. Elle se souvient : “Une des filles du bar me tenait par les cheveux pendant que les deux autres filles me frappaient. Je me suis agrippée à mon sac, il y avait tous mes papiers dedans.” Lucie (la fille), à son tour, tente de s’interposer, mais elle prend un coup sur la tempe. [...] Le calvaire prend fin lorsqu’une sirène se fait entendre, annonçant l’arrivée des gendarmes. Pascale, pour qui l’agression aurait un mobile “raciste”, indique : “Deux jeunes qui n’ont pas porté la main sur nous faisaient le guet, ils ont prévenu nos agresseurs, qui se sont éparpillés comme une volée de moineaux. Ils nous ont dit de ne pas parler aux gendarmes sinon ils allaient nous “achever”. On est allé à l’hôpital de Gray, car mon mari ne se sentait pas bien. Le lendemain, on a déposé plainte à la gendarmerie de Mirebeau-sur-Bèze [...]"

Deux nuances de Gray en quelque sorte ! Alors, où est la vérité ? J'ai mon idée et même une conviction, la précision quasi policière du second article m'y aidant.

Après avoir porté plainte, le soir venu, la famille meurtrie pouvait visionner tranquillement sur le clip de campagne "Tous unis contre la haine"...

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3 avril 2016

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