Editoriaux - Politique - 11 mars 2017

Un désir fou de vraie démocratie

Ma pauvre France, mais qu’est-ce qu’ils te font encore avec leur élection présidentielle ? J’ai mal de te voir souffrir et je m’interroge. Comment, en effet, est-il encore possible, en ce début de XXIe siècle, de s’accrocher à un système vieux de 228 ans ? Paul Valéry a dit que toutes les civilisations étaient mortelles. Cela vaut également, bien sûr, pour les systèmes politiques.

Le système représentatif a eu, évidemment, sa raison d’être mais il a fait son temps depuis longtemps. Au moment de la Révolution française, Sieyès avait déclaré : “Dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants.” Résultat : la France n’a jamais connu et ne connaît pas encore la démocratie. Or, c’est elle, bien sûr, qu’elle réclame haut et fort aujourd’hui. Elle est là, la vraie raison de sa profonde morosité. Au secours, donc ! Il y a danger d’obsolescence.

Il y a belle lurette qu’au fond d’elle-même, elle n’accepte plus cette mascarade théâtrale des partis politiques censés traduire, dans les faits, ses besoins. Comme elle n’accepte plus de leur part leur “Ôte-toi de là que j’m’y mette” ou encore leur “Vous êtes tous des imbéciles, il n’y a que ma famille politique qui peut changer les choses”.

Elle ne veut plus, justement, de familles politiques, de leurs luttes, de leurs invectives, de leurs effets de manche, de leurs combines, de leurs élections même, bref, de leur guerre permanente. Elle veut la tranquillité ; elle veut que les choses se fassent dans la normalité, sans éclat.

Elle en a marre, aussi, d’être infantilisée par leurs programmes parce qu’un programme, en fait, cela ne veut rien dire d’autre qu’on la juge incapable de se gérer elle-même. Et, d’ailleurs, pourquoi lui propose-t-on toujours des programmes ? Cela traduit bien leur inutilité et leurs échecs en chaîne puisqu’il faut constamment et régulièrement en établir de nouveaux.

Or, la démocratie, justement, la vraie, est celle qu’elle voudrait vivre chaque jour par et pour elle-même dans le moindre détail de ses affaires. Elle n’a plus besoin, désormais, de tous ces prétentieux costume-cravate comme des soldats de pacotille, avec leur air condescendant, qui se croient fondés à mettre leur nez dedans. Elle est devenue une grande dame adulte, en âge de se prendre en charge elle-même. Cela fait longtemps qu’elle a quitté l’école maternelle.

Alors, de grâce, Messieurs, foutez-lui enfin la paix. Fillon, Macron, Mélenchon, Hamon… Ducon, à la maison ! Nous sommes des millions dont moi, Arnon, qui vous disons “Mais dégagez, nom de nom !”

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