Pourquoi nos médias classiques s’entêtent-ils à utiliser un vocabulaire impropre pour désigner, entre autres, l’énorme duplicité organisée par Les Républicains dans l’optique de la présidentielle de 2017 ? Tout en sachant qu’ils facilitent volontairement l’accès au pouvoir de nos grands partis « de gouvernement » délabrés par d’incessants abus de rhétorique, je tolère de moins en moins que des membres d’un corpus professionnel tronquent l’appréciation citoyenne. Et ils ne sont pas près de changer d’approche.

Car le métier admet toutes les postures et les impostures. Celui qui s’acoquine avec le système établi – le bienvenu des cercles de décision – gagne son galon de journaliste « de fond », quand celui qui pratique librement le métier – le rebelle – galère dans l’univers médiatique ; ce n’est pas une raison pour dire et faire n’importe quoi !

L’absence d’un « code » journalistique bien défini a conduit à caractériser le journalisme comme un « professionnalisme du flou » (Denis Ruellan, 1993).

Le lecteur, au milieu de ce flou artistique sciemment orchestré, ne dispose d’autre solution que de s’extraire de la soupe médiatico-politique servie aux heures de grande écoute pour accéder à une information objective et constructive. Mais la paupérisation de la société voulue et engendrée par nos élites, favorisée par un monde où chaque minute compte, n’attire pas les esprits vers des contenus éclairés. Nos grands partis savent pertinemment que le travailleur éreinté ou encore la mère célibataire, qui peine à joindre les deux bouts, aura le soir venu d’autres préoccupations que de déterminer qui dit vrai dans un univers où le menteur domine. Heureusement, Internet ouvre des perspectives à la portée des citoyens en quête d’éclairage et peut jouer un rôle important dans le choix du futur chef de l’État.

Aussi, par pitié, nous qui alimentons la Toile et qui ne sommes pas soumis aux diktats, désignons bien les choses. Les primaires qui verront leur dénouement en novembre sont un processus de sélection au cours duquel les adhérents et les sympathisants de la droite et du centre qui le souhaitent retiendront un candidat parmi les huit participants, répondant aux critères internes du parti LR. C’est une consultation citoyenne hors cadre constitutionnel de la Ve République, qui n’empêche nullement un cacique qui le désire d’être candidat au scrutin présidentiel de 2017, réglementé, lui, par le Code électoral.

L’appellation « primaire de la droite et du centre » est une imposture néfaste, qui implique une appropriation de la partie de l’échiquier politique dit communément de droite par une unique famille (Les Républicains) au détriment d’autres composantes. Elle récuse l’existence de mouvements capables de conduire la destinée du pays, respectueux de l’esprit du général de Gaulle, pour qui l’élection présidentielle constituait un rendez-vous majeur « entre un homme et un peuple ».

« Primaire des Républicains » est son véritable nom. L’appeler différemment renvoie au vieux clivage réducteur et stérile droite/gauche, grille de lecture facile certes, mais qui renforce le règne d’oligarques incompétents et repousse toutes velléités propices à l’épanouissement de notre pays.

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