Déjà que les programmes de télévision étaient chargés de moult séries policières, à la limite de la saturation, voici que les « fonctionnaires » de la sécurité envahissent en masse les rues, sans ordre de la hiérarchie. Je me demande ce qu'en pense le ministre Cazeneuve lorsqu'il est dérangé de sa séance Braquo ou Esprits criminels par des manifestations spontanées de policiers sous ses fenêtres ?

Qu'on les nomme policier, espionnage ou « thriller » - qui fait frémir - , ce qui fait encore plus exotique et attractif dans les pages de Télé 7 jours, tous ces films et séries sont principalement achetés d'occasion en gros à Hollywood pour satisfaire un public fidèle et peu exigeant. Certaines des productions vedettes sont, cependant, réalisées en France, qui présentent des héros et des flics ordinaires plus familiers de nos coutumes, dans des environnements cédant mieux à la réalité hexagonale. Ainsi des rues populeuses et quartiers mal famés, des ports et ruines industrielles et, surtout, des commissariats étroits, bruyants et encombrés.

Cependant, quelques stéréotypes d'outre-Atlantique sont imités, sans doute renforcés par les nouvelles exigences de la diversité sociale désormais de mise sur le petit écran. Si les juges ne sont pas encore de couleur noire - je parle de la peau et non de la robe -, il est déjà de bon ton que le commissaire affiche cette mine sombre qui renforce son autorité...

Ce qui me frappe, dans les scénarios, c'est la constance des problèmes familiaux et des relations entre collègues qui affectent les flics dans l'exercice de leurs missions. La plupart du temps divorcés avec un ou deux mouflets peu disciplinés en charge, et une ex exigeante, voire qui les harcèle, ils ne dorment que très peu et s'alimentent rarement. Au sein des équipes, les antagonismes pesants ou les affaires de c.. plus ou moins affichées pèsent sur la cohésion et le résultat des interventions ! S'y ajoutent les rivalités nées de la guéguerre des polices et des ressentiments nés d'affectations antérieures conflictuelles...

Je doute que nos policiers manifestant actuellement dans les villes correspondent à ces fantasmes et ces stéréotypes d'importation. Les hommes de l'ordre sont sortis de l'ombre pour dire leur exaspération engendrée par des conditions de « travail » totalement dégradées qui inversent les dangers encourus par les protagonistes des affrontements urbains. Victimes des bandes malfaisantes encapuchonnées mais aussi de la sourcilleuse attention de l'IGPN et de la justice au moindre écart par rapport à la règle, ils clament leur indignation face à leur hiérarchie, de plus en plus sourde lorsqu’on gravit les étages.

Si leur patron a jugé « inacceptable » le premier rassemblement spontané à Paris, aucun ordre n'a été donné à d'autres unités de maintien de l'ordre – par exemple les CRS - de dissoudre ces manifestations. Il faut reconnaître qu'elles se déroulent sans les incivilités et dégradations collatérales qui sont le lot des manifs ordinaires et répétitives des « corps intermédiaires »...

En retard d'une revendication, les syndicats se sont réveillés et appellent à une « marche de la colère policière et citoyenne » ce mercredi 26, sans doute pour appuyer la visite que le Président leur accorde à l’Élysée. Et s'ils en profitaient pour séquestrer l'hôte des lieux, comme d'autres le font épisodiquement des patrons dont ils s'estiment mécontents ?

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26 octobre 2016

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