Cinéma - Discours - Editoriaux - Polémiques - Presse - Société - 19 décembre 2016

Des polémiques en tous genres

La nature n’est pas toujours cohérente avec elle-même : des personnes existent dont l’appareil génital, les hormones et les chromosomes ne tiennent pas le même discours. Et il y a des personnes dont l’identité psychique ne colle pas avec l’identité sexuée. Cette anomalie peut être, parfois, induite ou encouragée par l’attitude de la famille et relèverait, ainsi, d’une instrumentalisation perverse.

Bien sûr, ces situations rendent complexe l’intégration dans une société dont la logique normative parfois aveugle nie la complexité et la souffrance qu’engendrent de telles situations. Il est donc logique que l’identité de genre soit un sujet d’étude, pour comprendre, pour soigner ce qui peut être, dans bien des cas, une pathologie, et pour intégrer au mieux les personnes dont genre et sexe ne sont pas d’accord. Le genre est donc un vrai sujet sur des occurrences (heureusement) marginales en proportion.

Le très réputé National Geographic Magazine affichera, en janvier 2017, en couverture, la photo d’un enfant « transgenre » de 9 ans et déclenche ainsi une vague de protestations. La ligne continue de la transgression a-t-elle été franchie ? Il n’aurait pas été choquant de lire un article sérieux sur le genre et son acceptation sociale dans le monde, ou un focus plus particulier sur une région du monde où la situation au regard de l’identité de genre serait particulière : il n’y a pas de sujet tabou dès lors que l’on prend garde aux méthodes utilisées pour le traiter, que l’on s’interdit des biais idéologiques et qu’on lui attribue sa juste place. Ici, la présomption de double faute peut être relevée : la une lui est réservée et c’est un enfant qui y figure.

La première faute est sans doute moindre, mais elle témoigne de la soumission quasi endémique à cette bien-pensance orchestrée de main de maître par certains lobbies dont la puissance excède largement la représentativité.

La seconde est bien pire : il s’agit d’exposer publiquement un enfant, une personne en devenir, avec les fragilités de son âge ajoutées à celles de sa situation propre. Le docteur Cyrulnik affirme :

Le “genre” est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers, qui ne la supportent pas.

Sans préjuger du cas de cet enfant (mais sans ignorer qu’il est peut-être une victime), il est patent qu’il est instrumentalisé sans vergogne par des adultes qui utilisent son image. Au nom d’une idéologie ? C’est bien probable.

À rebours de cette déplorable couverture, deux décisions publiques dans deux régions de France sont à souligner. L’Île-de-France coupe les subventions allouées aux études de genre : elles avaient explosé lors du précédent mandat et représentaient, en 2014, près de 20 % du total. La nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes ne financera plus deux festivals de cinéma LGBT. Ils renvoient ainsi la problématique du genre à la marge, sous les cris d’orfraie d’une certaine presse si favorable à ces lobbies minoritaires. La roue tourne.

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