Des moignons, du pognon : Pistorius, le procès paillettes !

Tous les Closer de l’Afrique du Sud multiraciale salivent depuis des mois. C’est le procès du siècle : Pistorius, l’assassin bionique au pays de l’arc-en-ciel, aurait trucidé une somptueuse blondasse le jour de la Saint-Valentin. Sa blondasse ! Avouez que c’est mignon cette histoire de moignons ? « Belle couv’, mon coco », couine dans son bureau le Franz-Olivier Giesblack du coin.

Les ingrédients sont savoureux à souhait, on dirait une fricassée de légumes dans un wok. Ben oui, quoi, pensons à tous ces pauvres gens de Soweto et d’ailleurs qui vont pouvoir rêver un peu avec ces croustillantes révélations à venir. Du style : Oscar baisait-il sans ses prothèses ? Sa petite amie avait-elle découvert qu’il la trompait avec un manchot ? Le Super Bowl judiciaire est prêt. On dit que, sur place, une télé va couvrir 24 h sur 24.

Dans le box des accusés, le « héros national » Oscar Pistorius. Un nom de général romain en apparence, un roi des jeux du cirque en vérité. Mondial et mondain, l’œil sur le chrono ou le verre de champagne à la main, Pistorius, c’est l’athlète du XXIe siècle, ou du XXIIe, si vous voulez. Une sorte d’homme qui valait trois milliards à la sauce Buckaroo Banzaï. Avec ses cannes en carbone, l’amputé a joué les stars plus d’une fois autour et en dehors du stade. Quand le drame est arrivé, c’est comme si on avait aspergé d’essence une icône religieuse. Parce que Pistorius, c’était le handicapé blanc emblème du Bisounoursland version Mandela. Et maintenant que le miroir s’est pris un coup de hache, on se retrouve avec l’AfSud version glauque. Arme à feu, ultra-violence, paranoïa puissance 10.

Lors de la première journée d’audience, ce lundi, le mauvais rêve a été découpé en images fixes par l’accusation. Il y a aussi la bande-son : un témoin, Michelle Burger, dont la chambre se trouvait près de la scène de crime, a parlé de « cris à glacer le sang ». Cette sale nuit du 13 au 14 février 2013, dans une villa luxueuse enfoncée dans un quartier privé, le tout entouré de délicieux barbelés. On imagine la jeune femme terrorisée dans les toilettes, genre film d’horreur. Oscar nie en bloc car, selon lui, ce soir-là, la belle Reeva Steenkamp « faisait des exercices de yoga et je regardais la télévision au lit. Mes prothèses jambières étaient ôtées. Nous étions très amoureux et je ne pouvais pas être plus heureux. »

Dans ce premier tour de piste, l’athlète maintient donc la thèse du cambriolage qui a mal tourné, un scénario terriblement banal dans ce pays de rêve.

Mais le procès ne fait que débuter. Jusqu’au 20 mars, tout le monde s’attend à d’incroyables rebondissements. Le fait que Pistorius était sacrément accro au flingue ne plaide pas en sa faveur. Et puis, tirer à 4 reprises dans la porte de la salle de bains sans savoir qui se trouvait derrière… Un peu dur à avaler. La défense pousse un peu mémé dans les orties. Pistorius est amputé des jambes, pas du cerveau !

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