Chaque époque a un mur à son image. Le mur des Fédérés pour la guerre sociale, celui des Fusillés pour la , celui de Berlin pour l’oppression communiste, et celui des Lamentations pour un peuple au destin tragique, qui peut enfin y prier. Ces murs appartiennent à l’. Le nôtre appartient à la petite histoire, celle d’une époque envahie par une cancéreuse médiocrité. Ce mur est celui « des cons », constitué par les photos des politiques ou des journalistes « fichés » par des membres du Syndicat de la magistrature. Ceux-ci ont même viré à l’ignoble en épinglant le père d’, jeune fille assassinée dans le métro, par un récidiviste libéré trop tôt par des magistrats. Certains rêvent de la Légion d’honneur. Depuis qu’elle est donnée, comme le mariage, à n’importe qui, elle ne me fait guère frétiller. Mais de se retrouver sur le « », quelle émotion ! Même le fait d’être sous « Hortefeux, l’homme de Vichy », n’a pas gâté mon plaisir. Courteline disait : « Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet. » Le cher homme ne pouvait mieux dire !

Voilà des magistrats qui vont condamner, au nom de l’égalité et de la lutte contre la discrimination, des justiciables qui auront été a priori discriminés par eux comme cons. Au secours, l’ex-Halde ! On a oublié de mettre la race des cons honnis des gauchistes parmi les communautés à protéger ! Soyons honnêtes (c’est préférable, avec des magistrats !), ils ne pouvaient pas davantage nous faire plaisir ; ils sont passés aux aveux : oui, nous sommes partiaux ! Oui, nous rendons une politique ! Oui, nous servons notre idéologie et n’avons que faire des lois « de droite » ou de la (surtout la Ve) !

Mais alors, poussons la logique : plutôt que d’être des fonctionnaires hissés à l’issue d’un concours jusqu’au privilège d’enrober, au propre et au figuré, vos préférences partisanes d’une indépendance aussi fallacieuse que protectrice, faites-vous élire ! Le peuple pourra alors juger, sur votre programme et sur votre bilan, de votre légitimité… Cela éviterait que des magistrats dont les préjugés sociaux ont suscité l’épouvantable erreur judiciaire d’Outreau continuent à sévir, même à une autre place.

Certes, beaucoup de magistrats accomplissent leur mission avec compétence, talent et courage. Ils ne sont ni des inquisiteurs, ni des Fouquier-Tinville. Philippe Bilger en est un excellent exemple, comme en témoigne la liberté de son blog. Mais sur son mur, le Syndicat de la magistrature devrait, en contrition, afficher cette pensée de Pascal : « Nos magistrats ont bien connu ce mystère. Leurs robes rouges, leurs hermines […]. S’ils avaient la véritable justice […] ils n’en auraient que faire. »

28 avril 2013

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