Comme on pouvait s’y attendre, certains dans la majorité tentent de profiter de l’état de sidération des Français liée à la pandémie pour faire avancer en catimini diverses revendications sociétales, symboliques et qui ne coûteront pas cher. Ç’a été le cas avec la bioéthique, avec l’allongement du délai légal de l’avortement. C’est le cas, maintenant, avec l’euthanasie. La ficelle est grosse mais, néanmoins, cela semble toujours fonctionner.

La semaine dernière, alors que la est fonctionne au ralenti par les mesures liées à la sanitaire, que l’ et la s’effondrent, que la précarité explose, que les personnes âgées meurent dans la solitude de leurs EHPAD, le ministère de la Santé n’a pas jugé plus utile que d’annoncer un plan d’accompagnement de la fin de vie.

Cette annonce a eu quelque chose à la fois d’indécent et de choquant, quand on connaît les conditions actuelles de prise en charge en milieu hospitalier, la misère absolue des moyens alloués à l’hôpital public et l’anonymat, la détresse traversés par les patients dans le parcours de soin, détresse considérablement aggravée depuis la pandémie par l’interdiction de recevoir des visites lors des séjours hospitaliers post-opératoires.

Mais puisque les Français sont abreuvés quotidiennement des statistiques sur la mortalité liée au Covid-19, n’y a-t-il pas meilleure idée que de lancer un grand plan « fin de vie » en France ? Le sujet est bien dans l’air du temps ! Il contribuera certainement à faire croire que le gouvernement s’intéresse vraiment au sort des personnes âgées ou des personnes en fin de vie, aux soins palliatifs et à l’humanisation des soins. Mais il faudrait être bien naïf pour le croire.

À peine l’annonce a-t-elle été faite que les lobbies pro-euthanasie se sont engouffrés dans la brèche en déployant leur communication émotionnelle bien huilée, leur pathos, leur droit à mourir et leur dignité inversée. C’est ainsi que, surfant sur la mort programmée de Paulette Guinchard, ancien ministre du gouvernement Jospin, quatre propositions de loi ont été déposées à l’agenda parlementaire sur « l’aide active à mourir » : en réalité, sur le suicide médicalisé.

L’une de ces propositions a échoué au Sénat, tandis que celle d’Olivier Falorni, intitulée « donner le droit à une fin de vie libre et choisie », sera débattue le 9 avril prochain, avec l’appui décisif de la présidente de la commission des lois à l’Assemblée nationale. La majorité ne cache même plus son ambition d’avancer sur ce sujet, tout en réclamant hypocritement un « consensus ».

On se souvient du « consensus » recherché sur la révision des lois de bioéthique. Il n’y eut pas de consensus, mais clairement une majorité hostile. Le gouvernement fut surpris de l’ampleur de l’opposition à ce texte, pour lequel il pensait probablement que les Français se laisseraient manipuler sans réagir.

Mais l’opinion ne se gagne pas à coups de sondages mensongers et de manipulations. Elle se gagne par la voie de la et, surtout, elle ne peut choisir délibérément d’ignorer la vérité de la conscience humaine.

15 mars 2021

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