Document - Editoriaux - Histoire - Médias - Sciences - Table - 15 octobre 2016

« Des djihadistes ni abrutis ni fous », mais sûrement drogués au captagon !

Selon Éric Zemmour, les djihadistes sont des “gens qui meurent pour leur foi… on devrait être plus admiratif que méprisant… Ce ne sont ni des abrutis ni des fous.” Dans l’Histoire, parmi les terroristes, certains étaient sincères et, parfois, les causes pour lesquelles ils combattaient étaient respectables. Certains ne sont-ils pas devenus chefs d’État ? En revanche, il est curieux que, concernant les djihadistes et plus particulièrement les combattants de Daech, les médias occultent l’importance de la drogue pour expliquer cette folie meurtrière, incompréhensible même pour leurs proches, malgré plusieurs articles et reportages.

“La drogue des djihadistes”, c’était dans Le Parisien le 19 novembre 2015, sur France Info le 9 juin 2016 ainsi que dans le JT de France 2 ; un très long document sur le site de Vanity Fair. La revue Sciences et Avenir s’est également livrée à une enquête, il y a près d’un an (17/11/2015), sur le captagon, “la drogue des tueurs”.

“En octobre 2015, les autorités libanaises ont arrêté à l’aéroport de Beyrouth un prince saoudien qui tentait d’embarquer, pour Riyad, dans un avion privé, près de deux tonnes de pilules de captagon rangées dans quarante valises […] Les forces de l’ordre antidrogue turques ont mis la main sur près de 10,9 millions de comprimés dans la province de Hatay, frontière de la Syrie […] Le captagon est une amphétamine incontournable dans les rangs des combattants djihadistes syriens” (AFP).

Pendant les tueries, sous l’effet de la fénétylline, les terroristes ont “un comportement mécanique et déshumanisé. Cette drogue est un stimulant, elle entraîne une résistance à la fatigue, une vigilance accrue et une perte de jugement. Elle donne l’impression, à celui qui la consomme, d’être tout-puissant, d’être le roi du monde, détaille, à Sciences et Avenir, le Pr Jean-Paul Tassin, […] une euphorie intense permet de ne ressentir ni la peur ni la douleur.”

À haute dose, elle est très dangereuse, provoquant de graves lésions cardiaques et est, pour cela, classée sur la liste des substances stupéfiantes placées sous le contrôle de l’OMS.

Stimuler les combattants ne date pas d’aujourd’hui. Durant la guerre de 14-18, les soldats partaient au front avec leur dose d’alcool. En 1940, selon L’Extase totale – Le IIIe Reich, les Allemands et la drogue, de Norman Ohler, les méthamphétamines étaient la “pilule du courage” des nazis.

Et les progrès notables dans le domaine de la chimie peuvent faire peur, puisqu’il est possible de faire prendre n’importe quelle drogue, même la plus sophistiquée, à qui que ce soit, à son insu.

Il ne faudrait donc pas confondre, par ignorance, les héros avec les drogués.

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