Des bébés à tout prix : suite, et parfois mauvaise fin

Gabriella et Luigi De Ambrosis sont les heureux parents d’une petite fille de 16 mois. Qu’ils adorent. Il faut dire qu’ils ont eu beaucoup de mal à la concevoir et l’amener jusqu’en ce bas monde. La maman a subi de nombreuses fécondations in vitro. Celle de la dernière chance a porté son fruit. Un miracle que n’aurait certes pas réussi seule la nature puisque Gabriella a 57 ans et Luigi 65, mais au moins sont-ils les indéniables « parents biologiques » de l’enfant tant désirée.

Des jeunes papas de 65 ans, il y en a plein les rues. Même des papas de 70, 75 ou 80 ans. Des mamans de 57, en revanche, c’est plus rare, mais on sait les Italiens pionniers en matière de procréation des femmes ménopausées. On se souvient des polémiques autour du Dr Severino Antinori, dans les années 1990, lequel s’en était même fait une spécialité. C’était l’époque où les allumés de la génétique et autres Raëliens faisaient aussi la course au clonage humain. Elle semble heureusement abandonnée, mais rien n’est sûr…

Bref, Gabriella et Luigi ne seraient (pour quelque temps encore) que des parents atypiques parmi d’autres si la justice italienne ne venait de prendre la décision de leur retirer l’enfant pour le mettre sur le marché de l’adoption, cela au motif qu’« ils ne se sont jamais posé de questions sur le fait que leur fille se retrouvera orpheline très jeune et qu’elle sera contrainte de prendre soin de parents âgés ». Et la cour, du haut de sa grande sagesse, de dénoncer chez ces parents « un besoin narcissique d’avoir un enfant ».

À l’origine des soucis du couple De Ambrosis, une accusation d’abandon. Le papa avait laissé le bébé un moment dans la voiture le temps de ranger ses courses, et des voisins bien intentionnés l’avaient dénoncé aux flics. Procédure, procès. Et non-lieu. Qu’à cela ne tienne, on accuse Gabriella et Luigi d’être potentiellement gâteux, si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain, donc incapables d’élever leur fille. Et donc, on la leur retire pour la refiler à d’autres.

Prise seule et sans considération de ce qu’est le monde autour, la décision du tribunal concernant Gabriella et Luigi De Ambrosis pourrait éventuellement se justifier. Dans le contexte actuel de bébé à tout prix pour tout et tout le monde, notamment les couples homos dont on connaît par définition la stérilité, condamner ces gens pour leur « besoin narcissique d’avoir un enfant » est une énorme farce. En effet, tout l’actuel marché de la procréation – car c’en est un – repose là-dessus. Mères porteuses, ovocytes à la vente, enfants au marché noir et autres trafics n’ont pour but que de répondre à ce « besoin narcissique » qui s’exprime de tous côtés.

Pourquoi condamner ces parents-là et satisfaire les autres ? Au nom du racisme anti-vieux, peut-être ?

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