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Editoriaux - Médias - Politique - Presse - Société - 6 septembre 2016

Demandez le programme de la rentrée !

La France est viscéralement attachée à une tradition annuelle – la « rentrée » -, nom générique qui alimente tous les médias dès fin août – sauf un qui n’était pas là lors de la « sortie », le nouveau multi-support France Info, né quelque peu difforme il y a une semaine, en ouverture de rideau de ce énième millésime…

Ce mot “rentrée” supporte de multiples sens et, pour certains impécunieux, après des dépenses excessives ou incontrôlées, il évoque, quel que soit le mois de l’année, l’espoir de versements d’euros sur des comptes bancaires rabougris. Pour l’Éducation nationale et ses élèves et lycéens, c’est bien le sens propre qu’il faut entendre à juste titre : « retour dans le lieu ou les fonctions que l’on avait quittés ». Cependant, pour les enseignants, le corollaire des actions syndicales s’ajoute au premier que les vacances obligées avaient mis en sommeil.

Plus généralement, comme pour les hommes politiques ou les comédiens – qui font un métier un peu analogue -, la rentrée suggère un « lifting » au sens propre et figuré. Réapparitions le visage bronzé, mais pas trop, pour certains à l’occasion de dédicaces d’un livre écrit durant un recul salutaire et une réflexion intime, au sein de la France profonde et réelle du coté du Cap-Ferret, Bormes-les-Mimosas ou Pontarlier. Pour d’autres, plus nombreux, c’est sur les estrades où ils haranguent les partisans et autres badauds et sur les plateaux pour expliciter leurs projets et nouvelle détermination, forte d’une expérience passée à défaut d’un bilan exhaustif…

La rentrée, c’est aussi le « retour dans les couches denses de l’atmosphère » ! La métaphore spatiale s’applique étonnamment à la CGT et FO qui, selon la presse du jour, « veulent électriser la rentrée sociale ». Pas moins ! Il est vrai que l’air ambiant est épais et chargé d’ions négatifs incontrôlés. En outre, quand on sait combien nous coûte le comité d’entreprise d’EDF sur nos notes d’électricité, on comprend aisément le survoltage que nous réservent le mois de septembre et la grève « générale et nationale » annoncée pour le 15.

Grève-regain contre la loi Travail pour les tonitrueurs de CGT, SUD et FO, qui rallie provisoirement ses concurrents, grève SNES-FSU contre la réforme du collège, grève contre les licenciements chez SFR, c’est pour l’instant le programme commis à notre attention. Mais la contagion syndicale est connue qui peut contaminer d’autres secteurs dits d’activité, en particulier la SNCF, rarement en retard d’un train de protestation. France Info – ou Franceinfo, ou franceinfo ? – ne manquera pas de l’écrire en gros sur les écrans, avant une éventuelle grève interne, au nom de la solidarité avec les travailleurs…

Quant aux équipages du SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne), familiers d’une vitesse élevée et habitués à couper dans les virages, ils avaient anticipé leur manifestation durant le mois d’août. Mais le licenciement d’un arracheur de chemise cégétiste pourrait relancer le grand cirque chez Air France, Martinez n’ayant pas digéré la décision finale entérinée par le gouvernement en la personne de Myriam El Khomri, ennemie n° 1 des travailleurs !

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