Demain, nous aurons 12 millions de chômeurs ou le SMIC à 500 euros

Aucun des sept candidats à la primaire de droite n’a osé se fixer un objectif de décrue du chômage. Sachant combien le fameux renversement de la courbe du chômage a collé à la peau de François Hollande, c’était prévisible. À la décharge de ce dernier, en 2012, il ne pouvait pas avoir connaissance de toute une série d’études très pessimistes sur l’emploi à l’horizon 2030-2040 publiées un peu partout dans le monde lors de ces dernières années. Grugés en 2012, les électeurs seraient impardonnables d’être grugés à nouveau en 2017. Aussi, avant de voter, ils doivent bien avoir en tête ceci.

À l’heure où nos gouvernements ouvrent grandes les portes à une immigration massive et sous-qualifiée, des experts venant de tous horizons prédisent qu’en 2030, la moitié des emplois actuels auront disparu – des emplois peu qualifiés dans leur immense majorité. Certes, les experts peuvent se tromper mais, cette fois-ci, probablement non. Jusqu’au milieu des années 1970, la croissance globale a été accompagnée d’une hausse des salaires et d’une baisse de la durée du travail avec un taux de chômage relativement stable ; c’est l’image du gâteau qui grossit et où chacun y trouve son compte.

Depuis, les rapports de force au sein du monde du travail ont basculé en faveur du patronat. Un patron, faut-il encore rappeler cette évidence, n’a pas pour objectif de créer des emplois mais de maximiser son profit. Entre la mondialisation du marché du travail (délocalisations) et le ralentissement structurel de la croissance (satisfaction des besoins de base), la part du gâteau revenant au salarié est sacrifiée pour que celle de l’actionnaire continue de croître au même rythme : c’est la loi d’airain du capitalisme.

La rémunération du facteur travail, c’est le produit de trois variables : le nombre de salariés, la durée du travail (en heures par semaine et en nombre d’années avant le départ à la retraite) et le salaire. La durée du travail est la seule sur laquelle les pouvoirs publics ont prise. Or – et c’est une équation incontournable -, si, comme le préconisent tous les candidats à la primaire de droite, nous devons à la fois retarder l’âge de départ à la retraite et abroger les 35 heures, alors nous aurons soit une explosion du chômage, des 5,5 millions actuels (catégories A, B et C) jusqu’à 8, 10 voire 12 millions, soit un effondrement des salaires. Est-ce cela que les Français veulent ?

Pourquoi personne n’ose préconiser de faire le chemin adverse, qui est pourtant le plus logique puisque le travail est, grâce aux nouvelles technologies, de plus en plus productif ? Outre le rapport des forces favorable aux patrons (déséquilibre renforcé par l’endettement phénoménal de l’État qui le met à la merci des banquiers), la réponse tient en un mot : les retraites.

On a pris l’habitude d’aborder la question du financement des retraites sous le seul angle des évolutions démographiques. C’est une erreur capitale. L’impact de la diminution du facteur travail dans la production est au moins aussi important. Un salarié, ça cotise, un robot non. Dans un système de retraite par capitalisation, l’effet est nul. Dans un système de retraite par répartition (le système français), l’effet est potentiellement dévastateur.

Conclusion : faire venir des millions de migrants non qualifiés est, du point de vue de l’emploi de demain, une folie furieuse. Augmenter la durée du temps de travail pour financer nos retraites est une autre folie furieuse. Faire l’impasse sur une reforme fondamentale de notre système de retraite est une troisième folie furieuse.

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