Mon Dieu, que notre vie moderne est donc compliquée !

Tenez, prenez la grossesse et l’enfantement, par exemple. Autrefois, on ne savait pas jusqu’au moment ultime si l’on allait donner le jour à Charlotte ou à Mustapha. Dans la famille, les paris étaient ouverts : ventre en avant, porté haut ou trop bas… chacun y allait de son pronostic. L’incertitude suprême est demeurée longtemps pour la mère, qui parfois y laissait la vie. Et parfois – plus cruel encore -, on demandait au père de faire le choix : la mère ou l’enfant ? Rappelons, d’ailleurs, qu’elles sont encore entre 70 et 75 à mourir chaque année en France pour 830.000 accouchements, dont 40 morts sont jugées (après analyse) « parfaitement évitables » par le Comité national d’experts sur la mortalité maternelle (CNEMM).

Tout cela est globalement derrière nous et c’est heureux. Du coup, on s’est créé d’autres problèmes. Dès lors que tout est possible, imposons donc nos choix ! Au nom du « droit à l’enfant », on a ainsi multiplié les incertitudes existentielles : un enfant toute seule ? Les gamètes de grand-papa ? Le choix sur catalogue à la banque du sperme ? Les ovocytes d’une pauvresse ? Un premier enfant à 50 ans « parce que je le vaux bien » ?

Puis la démagogie des « réformes sociétales » a encore développé le champ des possibles. Le mariage homosexuel est bien évidemment la porte ouverte à toutes les formes de procréation assistée, pour les lesbiennes d’abord (le ministre de la Famille est une farouche militante de la PMA pour les lesbiennes) et, évidemment, pour les homosexuels masculins à qui le sacro-saint principe « d’égalité » autorisera assurément la GPA.

Et dans ce contexte, pas question bien sûr de demander aux femmes, éternelles victimes du sort qui leur est échu – pauvres d’elles qui portent encore les enfants –, d’assumer les conséquences de leurs choix de vie. C’est ainsi que l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (c’est-à-dire vous et moi pour le financement) a décidé de se lancer dans une grande opération : offrir des bons d’achat aux femmes enceintes qui arrêtent de fumer.

En voilà une idée qu’elle est bonne, comme aurait dit feu Coluche.

L’étude, menée dans 16 maternités, portera dans un premier temps sur 400 femmes enceintes accros à la clope. « À condition d’être motivées pour se sevrer bien sûr, elles seront reçues et suivies en consultation de tabacologie trois ou cinq fois jusqu’à l’accouchement et devront se soumettre à un entretien téléphonique six mois plus tard », nous dit-on. Elles recevront 20 euros en bons d’achat à chaque visite, « sauf, évidemment, pour acheter tabac ou alcool ». Plus fort encore : « Pour une moitié d’entre elles, choisies de façon aléatoire (l’autre moitié constituant un groupe de contrôle), l’incitation financière pour cette aide au sevrage sera doublée. » Elles recevront donc 20 euros de bons supplémentaires pour bonne conduite, « la réalité de leur abstinence » étant, cette fois, « mesurée par une analyse d’urines ». Ce qui sous-entend qu’on se contente de la bonne foi des autres ? Bref, « une femme enceinte entrant dans l’étude en début de grossesse pourrait ainsi recevoir jusqu’à 300 euros ».

Il paraît que les Français sont pour à 53 %.

On vous a posé la question ? Moi non plus.

On apprenait dans Le Monde, voilà dix jours, qu’une jeune femme réclame le droit à faire un enfant avec le sperme congelé de son mari mort en juillet 2015 d’un cancer du système lymphatique. La loi française le lui interdit. En toute logique, si elle se déclare lesbienne, ça devrait pouvoir marcher. En attendant, avec le stress, elle risque de se mettre à fumer. On lui offrira alors des bons de layette.

9 mai 2016

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