Editoriaux - Justice - Politique - Table - 5 juillet 2013

Delphine Batho limogée : Mélenchon vire féministe !

Pour Jean-Luc Mélenchon, avec le limogeage de Dephine Batho, François Hollande a montré un visage machiste et violent. Avec cette réflexion, le leader du Front de gauche confirme le mode de pensée en vigueur qui efface l’individu au profit de son appartenance à un groupe. Éviction d’une femme, donc machisme, stigmatisation et tout le tralala… La Fédération des blondes de plus d’1,60 m n’a pas réagi pour le moment, mais l’Amicale des plaisanciers pourrait s’insurger contre l’éviction d’un personnage au patronyme qui le fait appartenir de fait au monde de la navigation. Partant du principe qu’il est toujours possible de rattacher un individu à une catégorie quelconque, l’impasse se profile.

On n’ose imaginer l’embarras de François Hollande si, non contente d’être une femme, Delphine Batho eut été homosexuelle. Spécificité qui pourrait devenir gage de sécurité de l’emploi. Communauté fait loi. Touche pas à mon homo, à mon musulman, à mon antifa, à mes amis, à ma gamelle… Sinon, je grogne. Réflexe de molosse devant sa niche… Niches fiscales, niches de marché, niches sexuelles, politiques… À chacun la sienne.

Mais revenons au machisme dont Jean-Luc Mélenchon est un valeureux pourfendeur. Dans un élan de respect de la femme, n’avait-il pas tweeté délicatement à propos de l’accident de Marine Le Pen : « En attendant, je me casse le cul pour les ouvriers pendant qu’elle se casse le cul dans sa piscine. » S’il est évident que ce billet doux ne dégage aucun relent de machisme, que dire de cette stigmatisation des fabricants de piscine ? Son auteur a-t-il bien réfléchi au préjudice qu’il faisait subir à cette profession en laissant entendre qu’il était possible de se casser une partie sensible de son anatomie en tombant dans un bassin à sec, l’assimilant du coup à un danger potentiel et donc à éliminer des aménagements d’une villa ? Non. De là à conclure que Jean-Luc Mélenchon est un dangereux piscinophobe… Je n’en dirai pas plus. La justice tranchera.

Toutes les routes du communautarisme mènent devant un tribunal. Les chasses sont gardées, les prérogatives cernées de fils barbelés et dans leurs miradors, les Pierre Bergé tirent sur tout ce qui bouge. Le vol d’un téléphone portable à une femme voilée devient une agression islamophobe. Tout naturellement, la victime saisit la balle au bond et se transforme en opportuniste d’une sensibilité qui arrive à point nommé pour servir ses intérêts personnels. Quiconque n’a pas sa carte communautaire peut aller se rhabiller. C’est la raison pour laquelle je fonde dès aujourd’hui la communauté des Hostiles au communautarisme. La boucle est bouclée. Et gare aux procès !

Quant à Jean-Luc Mélenchon, son analyse politique pourrait faire l’objet d’un éditorial bien senti dans Marie-Claire.

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