Editoriaux - Politique - Presse - Sciences - Société - 6 décembre 2016

Délit d’entrave à l’IVG : la démocratie a vécu…

La proposition de loi sur l’entrave à l’IVG a entériné, pour la première fois en France, un principe antidémocratique, qui piétine la Déclaration universelle des droits de l’homme, la liberté d’expression.

L’opposition de droite a été, hormis quelques courageux députés, totalement absente de l’Hémicycle, jeudi 1er décembre, pour sauver ce qui pouvait encore être sauvé : l’honneur de la France, patrie des droits de l’homme.

Comment ne peut-on pas être révolté face à l’inertie des politiques – de la droite en général – dont le positionnement, au-delà de quelques « effets de manche », révèle l’absence de courage, la démission morale. Comment ? Sept députés seulement pour défendre la liberté d’expression ?

Honte pour notre pays !

Les débats qui se sont déroulés à l’Assemblée nationale ont mis au jour les postures du socialisme, qui révèle jour après jour à la fois le déni de réalité dans lequel il s’enfonce mais aussi, et surtout, la façon dont cette idéologie est en train de se muer en police de la pensée, en tribunal de l’Inquisition.

Combien sont-ils à dénoncer l’imposture de cette idéologie, qui nie la réalité biologique (non, Madame Rossignol, à douze semaines, le fœtus n’est pas « un œuf ») et, par un procédé désormais connu, manipule le langage pour espérer ainsi tordre la réalité, et peut-être même, espère-t-elle, la faire disparaître ? Ainsi, en supprimant la notion de détresse, les socialistes pensaient peut-être qu’ils supprimeraient la détresse elle-même ? Et voyant que ceci ne fonctionnait pas, ils ont alors décidé de faire taire, par tous moyens, la parole sur la souffrance, transformant celle-ci en parole interdite.

Doit-on s’attendre à voir surgir des centres de déradicalisation pour ceux qui s’opposent aux dérives totalitaires du système politique actuel ?

Mais creusons le sujet. Parmi les députés qui se sont exprimés, certains, de peur d’être suspects de vouloir remettre en cause « le droit à l’avortement » (qui n’existe pas), ont choisi une stratégie d’enfumage : ils ont décidé de dénoncer l’atteinte à la liberté d’expression, sans oser aller au fond du sujet – l’avortement. Voilà pourtant le cœur du sujet : la façon dont la loi sur l’IVG a évolué depuis des décennies, dont progressivement elle a été vidée de sa substance, pour être ensuite littéralement enterrée.

Qui, aujourd’hui, parmi ceux qui, la main sur le cœur, s’érigent en ardents défenseurs de la loi Veil, proposent une remise à plat législative ? Aucun.

Nous sommes au pied du mur, face à une loi que certains semblent découvrir, mais qui en réalité se situe dans la continuité du déni initié par les socialistes.

L’empressement à bâillonner la contestation est pourtant significatif de la panique qui saisit le gouvernement face à une montée en puissance d’un renouveau anthropologique, moral, portée par le génération du Printemps 2013, que certains ont appelé « le Printemps des consciences ».

Ce renouveau vient de la jeune génération. D’une génération anti-68, qui ne se laissera pas déposséder des sujets essentiels qui touchent à la famille, à la dignité de la personne.

Notre société est arrivée à une sorte de croisée des chemins, à une heure de vérité : alors que la répression s’abat sur la conscience humaine, il faudra plus que jamais résister, continuer avec persévérance à porter le message dont nous sommes dépositaires parce que, tout simplement, la vérité s’y trouve : pour cela, nous devrons probablement être prêts à accepter, comme les dissidents des régimes communistes, la résistance et le sacrifice personnels.

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