“Accès aux soins, accès aus soins”… c’est ce que psittacise comme un mantra à chaque occasion Marisol Touraine, ministre de la Santé, depuis le début du quinquennat.

Il faut savoir que, dans les fantasmes d’un socialiste, “accès aux soins” veut dire qu’en France partout, tout le temps, tout le monde doit pouvoir accéder au médecin de son choix dans le quart d’heure, et si possible sans ouvrir son porte-monnaie.

Ça, ce sont les mots. La réalité, c’est que toutes les mesures de ce quinquennat ont contribué à produire le résultat inverse, au point qu’aujourd’hui, il faut en moyenne deux fois plus de temps pour décrocher un rendez-vous chez un généraliste qu’en 2012. Et pour les spécialistes, ce n’est plus en semaines qu’il faut compter, mais en mois ! En finir avec la médecine libérale : voilà le but.

Mais soyons juste : Marisol Tout-Baigne ne fait que continuer une politique qui transcende largement les partis qui se sont succédé au pouvoir. Pendant de nombreuses années, un numerus clausus drastique ne laissa entrer dans le métier qu’un tout petit nombre d’étudiants. Et jusqu’en 2003, on incita les praticiens libéraux à prendre, avec huit ans d’avance, une retraite presque à taux plein, ce que beaucoup firent. Les cerveaux à nœuds du ministère postulaient alors que moins de médecins, ce serait moins de déficit pour la Sécu. On a vu le résultat ! Et aujourd’hui, la loi sur l’accessibilité des handicapés interdit à un jeune médecin de s’installer dans un local “hors normes”. Comme ceux qui sont proches de la retraite sont dispensés de cette mise en conformité, toute succession est pratiquement devenue impossible, à moins d’inaugurer sa carrière par des dizaines de milliers de travaux d’aménagement !

Alors aujourd’hui, les ravis de la crèche de l’avenue Duquesne se réveillent : “C’est bizarre, on ne trouve plus de médecins…” Les patients errent de cabinet en cabinet pour dénicher un médecin traitant, comme les Soviétiques de jadis pour dégoter l’adresse d’une boulangerie approvisionnée. Même les morts ont du mal à trouver un praticien disponible pour signer leur certificat de décès, au point que les procureurs supplient les ordres des médecins de trouver une solution ! Idem pour les policiers qui embarquent une IPM (“ivresse publique et manifeste”) : le temps qu’ils trouvent un médecin pour confirmer le diagnostic avant de le mettre en cellule de dégrisement, le pochetron a déjà recouvré tous ses esprits !

Enfin le marché se venge, comme dans les années 80 où l’on vit fleurir dans les boulangeries les Banette, Florine, Épidor, Campagnette ou autres Farinette. Pourquoi ? Parce que, pour le prix de la baguette “officielle”, alors fixé par l’État, ça ne valait plus le coup d’en produire !

Alors nos médecins font de même. Plutôt que de délivrer de vrais soins en échange des honoraires les plus faibles des pays comparables, nos généralistes préfèrent faire de l’amaigrissement ou de la médecine du sport, les dermatologues injecter du Botox ou greffer des cheveux, les rhumatologues s’intituler ostéopathes et les ophtalmos lifter les poches sous les yeux, tous gestes à honoraires libres… Comme le résume Mathias Matallah, président de Jalma (cabinet de conseil du secteur de la santé) : “On a écrasé les revenus des médecins, diabolisé les dépassements d’honoraires et, au bout du compte, déclenché une catastrophe sanitaire.”

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