a sans doute gagné les élections présidentielles en , le 22 novembre dernier, parce qu’il a tenu un langage de vérité, de responsabilité auquel les Argentins n’étaient plus habitués après douze années d’immobilisme et de corruption avec Nestor puis Cristina Kirchner. Il n’a pas caché les nombreux défis qu’il devrait relever et a demandé les efforts de tous pour redresser le pays. Daniel Scioli a sans doute perdu parce qu’il représentait le passé et le passif des Kirchner.

Le peuple argentin semble avoir choisi le changement. Le 10 décembre, Mauricio Macri a été déclaré nouveau président de l’Argentine alors que Cristina Kirchner (mauvaise perdante, puisque son parti avait été battu) refusait d’assister à l’investiture du nouveau président qui fut pourtant applaudi par une partie des péronistes au Congrès, lors de son discours inaugural.

Dès le lendemain, Macri s’est réuni avec les 24 gouverneurs des provinces du pays. Après deux heures de réunion, il a déclaré que de nombreuses provinces sont déficitaires à cause du déséquilibre entre les emplois publics et les emplois privés ; les emplois publics sont souvent des emplois artificiels créés pour “caser” des amis, des membres de la famille, bref, par népotisme ou corruption.

Il a d’autre part affirmé que la réforme fiscale garantira plus de ressources aux provinces en leur restituant 15 % des impôts. Maria Eugenia Vidal, gouverneur de la province de Buenos Aires, a reconnu qu’une nouvelle étape commence dans les relations entre le Gouvernement et les provinces alors que le gouverneur de la province de Salta, du parti Justicialiste (Péroniste) a dit que son parti doit aider Macri pour améliorer la situation du pays : “Le peuple argentin a choisi Macri pour diriger l’Argentine, et nous devons l’aider”, a-t-il ajouté.

Le 12 décembre, Macri a reçu Daniel Scioli, son rival, à la “Maison Rose”, le palais présidentiel. Le nouveau ministre de l’Intérieur, Rogelio Frigerio, a dit que l’entretien a été productif et centré sur les points d’accord comme la lutte contre le narcotrafic, la nécessité de retrouver la confiance du système financier international et l’éducation. Le nouveau Gouvernement veut travailler plus sur ce qui rassemble que sur ce qui sépare pour préparer l’agenda du Congrès.

De son côté, Scioli a dit qu’il était venu dans un esprit constructif de collaboration pour engager le dialogue politique de façon responsable et défendre les thèmes importants comme le travail et le salaire : “Les défis du président sont aussi les miens”, a-t-il déclaré. “Si je peux contribuer à donner une image de maturité et de confiance, je suis disposé à aider. La campagne présidentielle est terminée ; le peuple a choisi et nous devons tous aider.”

Mauricio Macri s’est donc tout de suite mis au travail. Une de ses décisions a été, le 13 décembre, l’interdiction de sortie du territoire du Vice-président de Cristina Kirchner, Amadou Boudou, mis en examen dans une affaire de prise illégale d’intérêts.

Il dispose maintenant de quatre ans pour faire face aux défis et redresser le pays.

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