Et encore une promesse non tenue… Ramener le déficit public à 3 % en 2013 était un des soixante engagements de “Moa Président” lors des présidentielles. Non seulement cet engagement n’a pu être réalisé, mais la situation a progressivement empiré.

Échec annoncé par le tristement célèbre ministre du Budget de l’époque – Jérôme Cahuzac –, Hollande avait indiqué renoncer à atteindre ce fameux objectif le 19 février 2013, alors que le déficit était estimé à 3,9 % par la Commission européenne. L’objectif des 3 % fut donc reporté à l’année 2014, comme l’indiquait le ministre de l’Économie Pierre Moscovici. Une assurance dont peu furent dupes et dès juin 2013, Bruxelles, qui anticipait un déficit de 4,1 % pour 2014, accordait à la France deux ans pour atteindre un déficit conforme aux critères définis par le traité de Maastricht. Après avoir promis un déficit de 3 % puis de 3,7 % le gouvernement reconnaissait en décembre un déficit de 4,1 % pour l’année 2013.

L’année 2014 a vu se poursuivre cette consternante lancée : des chiffres à nouveau sous-estimés et un objectif encore reporté. Cette attitude de marchands de tapis n’a guère plu à la Commission européenne qui, doutant de la capacité de la France à respecter l’échéance de 2015, l’a placée sous surveillance renforcée avec un contrôle des comptes publics en mars 2014.
Finalement, l’engagement de réduire le déficit sous la barre des 3 % devrait être atteint en… 2017, a indiqué l’actuel ministre de l’Économie Michel Sapin, le 1er octobre, lors de la présentation du budget 2015. Celui-ci prévoit une réduction de 0,2 au lieu des 0,8 point prévu pour 2015. Sans parler d’une dette faramineuse de plus de 2.000 milliards d’euros qui devrait encore augmenter les prochaines années. C’est une belle stratégie d’enfumage au bout de laquelle notre Président laissera le soin à son successeur de réaliser ce qu’il est incapable de faire : réduire dette et déficit.

Mais ce budget pourrait être rejeté par Bruxelles en raison de l’incapacité du gouvernement français à respecter le délai accordé et à prendre des mesures effectives malgré les nombreuses mises en garde de l’été. Le gouvernement espérait imposer son budget malgré la (bagatelle) des 12 milliards d’euros (les 0,6 point) en trop. Il semblerait que la Commission européenne serait moins indulgente cette fois et risquerait d’imposer une humiliation – que jusqu’ici seule l’Autriche a connue avec la modification de sa loi de finances en 2013 sous menace de sanctions de l’Europe. Cette affaire souligne la perte de la souveraineté française qui se retrouve à gérer ses comptes sous le contrôle étroit de l’Union européenne – bientôt celle-ci lui octroiera son argent de poche à dépenser pour le mois !

Mais encore faut-il, pour se dégager de la tutelle européenne, que l’on ait des gens compétents pour la gestion des dépenses publiques, et non des bricoleurs du dimanche à la logique court-termiste qui laissent le soin à leurs successeurs de pallier leurs échecs retentissants.

À lire aussi

Je suis Juppé… Quelle sera la prochaine trouvaille de Juppé pour faire parler de lui ?

Candidat pour les primaires, Alain Juppé prépare le terrain comme le soulignent ces prises…