Armées - Editoriaux - 11 juillet 2015

Une défaite de plus

Le 3 juillet 2015, la Marine a donc quitté l’hôtel de la place de la Concorde qu’elle occupait depuis 1789, d’où elle avait conquis un empire au XIXe siècle, et d’où elle assurait la souveraineté nationale par ses sous-marins nucléaires au XXe siècle et en ce début de XXIe, sans oublier que grâce à elle, c’est un immense espace maritime et ses richesses qu’elle protégeait, pour la France.

Elle a rejoint le “Pentagone à la française…” !

Signe du destin, en cette même date du 3 juillet, tous ceux qui ont notre pays chevillé au corps ont en tête qu’un crime a été commis : Mers el-Kébir, souvenir sinistre où notre grand allié, dans le sang de plusieurs milliers de marins, achevait l’écrasement d’une nation à terre.

Le parallèle entre ces deux événements semblablement datés est symbolique : l’expulsion de la Marine de la rue Royale est un nouveau Mers el-Kébir. En pire, puisqu’il s’est agi d’une décision de gouvernements français successifs.

Mais le résultat est le même : d’abord, l’abaissement de la France et de sa souveraineté aux yeux du monde qui, quoi qu’en disent certains, regarde toujours vers la plus belle place au monde ; et aussi la satisfaction, in petto, d’Alliés qui au mieux souhaitent avoir à leurs côtés des valets d’armes, et au pire des clients qu’on traite à bas prix ; Alliés dont les porte-parole n’ont de cesse de nous encourager – au nom du “réalisme…” – à être vulnérables, petits, soumis… à TOUT !

3 juillet 2015, une défaite de plus. Jusqu’où faudra-t-il descendre ? Est-il si bon d’être faible ?

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