Dans le calendrier de sortie de l’état d’urgence sanitaire, les clubs libertins vont pouvoir rouvrir, mais pas les discothèques : Philippe Gosselin a fait rire l’Assemblée nationale, le 10 mai dernier, en montrant les incohérences gouvernementales en matière de réouverture des lieux festifs. En effet, les discothèques ne pourront pas rouvrir, selon lui, tandis que les clubs libertins, si.

« Il est bien connu que dans ces clubs, on pratique tous les gestes barrières », a-t-il relevé. « C’est même pour ça qu’on y va », a-t-il renchéri, provoquant le rire d’une partie de l’Hémicycle.

Comment expliquer cette contradiction ?

Celle-ci est en réalité liée à une confusion dans la terminologie des activités, selon RMC : on veut bien le croire. Mais cela montre jusqu’où peut aller l’absurdité bureaucratique.

De quoi s’agit-il ? Si un lieu libertin est un bar ou un restaurant, s’il dispose d’une terrasse, il pouvait rouvrir dès le 19 mai. Et s’il dispose d’un intérieur, à partir du 9 juin avec une demi-jauge, et complètement le 30 juin.

Si c’est un lieu festif, libertin ou non, mais sans bar ni restaurant, sans terrasse, c’est non. Il ne peut pas rouvrir.

Alors, on s’interroge sur le sens profond de cette terminologie.

A-t-on jamais vu des clients d’un club libertin se livrer à des ébats en terrasse ?

Pour résumer : pour le gouvernement, les clubs libertins où on danse, c’est non, les clubs libertins où on mange, c’est oui !

Pour l’instant, les discothèques, fermées depuis quatorze mois, n’ont aucun calendrier de réouverture. Le 21 mai 2021, le Conseil d’État a rejeté le recours déposé par plusieurs exploitants de discothèques. Mais rassurez-vous, les Français pourront quand même se livrer à des ébats sexuels dans les lieux dédiés, avec la bénédiction du gouvernement. À tel point que certains gérants de discothèques envisagent déjà leur reconversion en club libertin, à l’instar du propriétaire du Moon, à Montpellier. « En réalité, c’est le mieux à faire », dit-il, à moitié amusé, « on a juste à rajouter des canapés et des lits et puis en avant Guingamp ! » En réalité, ce secteur est à bout, et le moral est au plus bas.

Ces absurdités sont à peu près du même niveau que le partage entre produits essentiels et non essentiels, barrés par des scotchs dans les grandes surfaces.

Vous ne pouviez pas, par exemple, acheter un plaid, mais un torchon à vaisselle, si. Vous aviez le droit d’acheter des outils de taille de haies, mais pas de tondeuses électriques.

« Qu’est-ce qui est ouvert, qu’est-ce qui est fermé, qu’est-ce que tu as le droit de faire ou de ne pas faire , à quelle date, etc. ? » s’exaspère le journaliste de BFM Charles Magnien, « le consommateur ne peut pas s’y retrouver ».

Si c’était encore lié à un impératif de publique, on comprendrait, mais là, en matière de gestion des risques, on peut se poser clairement la question : ça n’a strictement aucun sens.

Quelqu’un a-t-il pensé à allumer la lumière dans les bureaux du Président ?

28 mai 2021

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