Mes grands-parents me racontaient comment ils se faisaient punir, à l’école communale, lorsqu’ils parlaient patois. Les hussards noirs de la République avaient mission d’apprendre le français aux gamins qui leur étaient confiés. Les futurs citoyens devaient parler français, connaître leur histoire, chanter la “Marseillaise”… À défaut, ils étaient punis selon les canons de l’époque.

Autres temps, autres mœurs : une consœur me rapportait que, dans une petite commune limousine, un enfant de huit ans avait été sanctionné pour n’avoir pas su réprimer un juron odieux : “Oh, mon dieu !” Les parents de ce sacripant se sont émus. Les autres parents aussi. Et le curé. Et même monsieur le maire ! Pour toute réponse, les instituteurs zélés se sont réfugiés derrière de sacro-saintes – et occultes – directives…

La punition de ce petit diable a donc, aux dernières nouvelles, été maintenue : une croix sur son cahier de liaison ! À l’heure du présent article, nous ne savons pas s’il s’agit d’une croix christique ou d’une croix de saint André.

Changement de lieu.

Un petit tribunal d’une petite préfecture de campagne, mercredi dernier. Prestation de serment de deux assesseurs du tribunal pour enfants du coin. Elles doivent jurer, entre autre, “de garder religieusement le secret des délibérations”“Religieusement” !

Le président croit, alors, devoir excuser ce texte bien vieillot et inadapté à la laïcité. Il annonce que ce texte sera bientôt “modernisé” (traduisez : déchristianisé). Ce serment tellement réac et si peu laïc était prévu par l’ordonnance du 2 février 1945. Les magistrats consulaires ont cette même du secret inscrite dans leur Code, pourtant toiletté il y a tout juste 10 ans. L’ordonnance de 1958 avait prévu le même texte pour les magistrats de l’ordre judiciaire. Une loi du 8 août 2016 est venue supprimer ce mot infâme (“religieusement”). Depuis le 9 août, les juges ne jurent plus que “de garder le secret des délibérations”.

La République est sauvée ! Dieu soit loué.

20 novembre 2016

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