Comme il fallait s’y attendre, le projet de réforme constitutionnelle dans son volet relatif à la déchéance de nationalité a fait naufrage. Il faut dire que, voulu par un président de la disqualifié politiquement, et porté par un gouvernement sans cap et sans souffle, il ne pouvait en être autrement.

Mais si l’on doit tirer un enseignement de la tragi-comédie qui se joue depuis plusieurs mois, c’est bien celui d’une classe politique, toutes tendances confondues, qui se montre incapable d’être à la hauteur des enjeux nationaux.

La teneur de la réforme constitutionnelle annoncée au lendemain des attentats de novembre 2015 était sans doute discutable. Il était tout à fait possible de n’y voir qu’une mesure à portée symbolique, sans réelle efficacité, et donc inutile. Ou bien alors de considérer qu’elle ouvrait une voie dangereuse pour notre en créant, de fait, plusieurs catégories de Français. Mais plus que le but affiché de cette révision, l’intérêt de la démarche ne résidait-il pas ailleurs ? N’était-ce pas là l’occasion de mesurer la capacité de ceux qui président aux destinées de notre pays, au-delà des gesticulations dont ils ont fait montre lors des attentats, à s’unir dans les moments difficiles que traverse la ?

Si la déchéance de nationalité était de peu de portée, où se trouvait, alors, la difficulté de s’unir autour d’un texte sans réelles conséquences ? Si, au contraire, elle était porteuse d’une grave atteinte à l’appartenance nationale, pourquoi n’a t-il pas été possible de sortir par le haut de ce dilemme en adoptant, toutes chambres confondues, la même position ?

La réponse est sans doute pragmatique et peu glorieuse. Ce sont bien les préoccupations politiques qui ont repris le dessus. Entre la préparation des primaires à droite et à et la recherche de leadership dans chacun des camps, l’unité nationale n’est plus au goût du jour. Et peu importe les promesses proférées devant les cercueils des victimes de novembre, les “Marseillaise” entonnées à l’unisson à Versailles ou les serments prêtés face à la nation ne comptent plus aujourd’hui autant que les échéances électorales à venir.

Bien entendu, et comme à chaque fois, chacun ira, selon son et son appartenance politique, de ses explications pour justifier sa position. Untel se posera en défenseur de la liberté, un autre en promoteur du “vivre ensemble”, un autre encore en protecteur indéfectible des droits de l’homme. Et ils le feront avec véhémence et conviction, convaincus (ou cherchant à se convaincre) de ce qu’ils ont agi pour le bien de la France.

Pendant ce temps-là, les Françaises et les Français continueront d’assister, impuissants, du moins jusqu’aux prochaines échéances électorales, au lent déclin de notre pays.

Fasse alors, pour les générations futures, que l’unité nationale se réalise au cœur des urnes et que le peuple, dont on dit parfois qu’il a la mémoire courte, se souvienne enfin.

31 mars 2016

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