Jacques Toubon, Défenseur des droits, cet avatar de la défunte HALDE – sorte d’office public de délation pour faits de discrimination, surtout à l’égard de Français de souche allogène – dont il continue à assumer les anciennes fonctions ségrégophobes, s’est fendu d’une déclaration radiophonique bien peu reconnaissante à l’égard du pouvoir socialiste qui vient de l’élever au grade d’officier de la Légion d’honneur. Interrogé sur 1, il a estimé qu’« inscrire dans la la , l’appliquer à des personnes nées françaises et non pas des personnes qui ont acquis la nationalité, c’est au niveau symbolique quelque chose de déterminant et de mon point de vue inquiétant » (Europe 1, 3 janvier).

Rappelons brièvement qu’en l’état actuel du droit positif, les binationaux nés en France ne peuvent être déchus de la nationalité française (excepté s’ils se comportent « en fait comme le national d’un pays étranger »), cette mesure étant seulement réservée aux binationaux ayant acquis la nationalité française, notamment par reconnaissance unilatérale de l’autorité publique (naturalisation).

Le projet gouvernemental se propose donc d’étendre cette déchéance aux Français nés en France mais bénéficiant de la nationalité allochtone du parent étranger ou l’ayant acquise ultérieurement et en parallèle. L’objectif étant, hic et nunc, d’atteindre les terroristes mahométans nés en France mais ne pouvant se prévaloir de la nationalité d’une organisation terroriste () non encore reconnue comme État, en dépit de son ambitieuse dénomination ().

De toute évidence, la réaction du Défenseur des droits révèle sa méconnaissance foncière de l’avis juridique du Conseil d’État rendu en son assemblée générale du 11 décembre dernier, validant sous certaines limites le projet du gouvernement.

Déterminé à se déchoir lui-même de son nom de baptême, il en adopte l’exact antonyme aux fins, sans doute, de confirmer la vanité de son insuffisance : « Monter la nationalité dans la Constitution et dire cette nationalité peut être à géométrie variable, c’est une mesure extrêmement lourde. Il y aurait alors deux, et peut-être demain trois ou quatre, sortes de citoyenneté. Une citoyenneté incontestable et une citoyenneté qui peut être contestée, quelle que soit la légitimité de la contestation. »

Patatras ! Notre vain frelaté tombe dans l’écueil que commettrait (avec l’indulgence du jury) tout bon primo-étudiant en droit qui confondrait ingénument nationalité et citoyenneté, sauf à lui expliquer que la première est la seule clé d’accès, en principe, à l’exercice de la seconde.

Néanmoins, notons que derrière cette ignorance se cache, en réalité, une erreur d’autant plus grave qu’elle est délibérément propagée comme vérité par une superclasse mondialisée qui, dissociant si bien la nationalité de la citoyenneté, relègue sans scrupule la première aux oubliettes d’une tenue au mieux pour désuète, au pire pour vichyste.

L’on voit, depuis quelques années, quelques brillants esprits post-soixante-huitards se dégager triomphalement de la gangue visqueuse d’un politiquement correct savamment et profondément distillé depuis des décennies. À l’inverse, quelques esprits trop courtement taillés n’y résistent pas et finissent par s’y abîmer corps et âme.

6 janvier 2016

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