La semaine passée, notre fringant ministre de l’Intérieur – l’homme à qui les circonstances ont enfin offert un cadre à sa triste figure – expliquait avoir demandé à son ami Valls la déchéance de nationalité de cinq terroristes. Et d’ajouter à l’attention des sceptiques : « Je poursuivrai avec la plus grande détermination cette . »

Message reçu : taratata, ça ne rigole plus ! Aujourd’hui plus ferme qu’hier et bien moins que demain, on va voir ce qu’on va voir et les terroristes filer doux vers la frontière.

Les quatre Marocains et le Turc visés par sont des binationaux que le ministre voudrait donc renvoyer dans leur « mère » patrie, toutefois, nonobstant le fait qu’ils sont prêts à nous faire sauter le caisson, ces gens-là trouvent à la des avantages qui font ailleurs défaut. C’est un paradoxe qui mérite d’être souligné, et un petit coup d’œil à la loi permet de mesurer toute la beauté de la chose.

Primo, on ne peut déchoir que des binationaux puisque la législation internationale interdit de fabriquer des apatrides. Donc, sauf à créer une île flottante au milieu du Pacifique où entasser tous les salopards, impossible de s’en débarrasser.

Deuxio, la loi ne permet de déchoir de leur nationalité que « des individus l’ayant acquise depuis moins de 10 ans », délai « étendu à 15 ans pour un crime ou délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ».

Il se trouve que les cinq individus concernés – Rachid Ait El Hadj, Bachir Ghoumid, Attila Turk, Fouad Charouali et Redouane Aberbri – ont, nous dit-on, grandi ensemble dans les Yvelines. Ils ont tous été condamnés voilà 8 ans pour leur implication dans les attentats de Casablanca qui ont fait 40 morts dont trois Français.

C’est pourtant l’argument de la bonne intégration dont compte user leur avocat. « Ils ont été condamnés il y a huit ans de cela et aujourd’hui on veut anéantir la vie qu’ils ont bâtie en France en fondant des foyers et en travaillant », dit Me Spitzer. Il va donc tout faire pour contrer le décret, imminent, par lequel ces p’tits gars devraient cesser d’être Français. Il va d’abord saisir le Conseil d’État, puis « toutes les voies de recours possibles » jusqu’au sommet de l’. Qui, comme d’habitude, lui donnera raison et condamnera le ministre à aller se rhabiller et la France à nourrir dans son sein et aux frais des contribuables les nœuds de vipères terroristes.

Alors peut-être monsieur Cazeneuve, ses amis du gouvernement et les politiques en général devraient-ils s’interroger sur la valeur de cette nationalité française qu’on distribue à tort et à travers. Ces Rachid, Attila, Fouad et Compagnie l’avaient-ils demandée ? L’ont-ils reçue comme un bien précieux ou comme leur première couche-culotte : jetable ? Pourquoi, si tous ces garçons ont été élevés en France et instruits par l’école française, ne les a-t-on pas contraints de choisir entre leurs deux nationalités à la majorité ?

Plutôt que de se faire de la pub sur une déchéance qui n’a aucun sens, le seul aspect mis en avant par les uns et les autres n’étant que matériel, ne faudrait-il pas commencer par donner à ceux qui naissent ici et à ceux qui y débarquent l’amour du pays et au moins quelques nobles raisons de vouloir être Français ? Car au point où l’on en est, on n’ose même plus parler d’être fier…

13 octobre 2015

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