Imaginez le juge Jean- Gentil face à . Imaginez celui qui signa, avec 80 collègues magistrats, une tribune, le 27 juin 2012, dans laquelle l’ancien président de la République était directement et personnellement mis en cause. Imaginez-le face à celui qui, il y a encore un an, était désigné comme l’hyper-président : le 21 mars 2013, c’était bien lui, Jean-Michel Gentil, « l’homme le plus puissant de France ».

Disons-le tout de go : la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « abus de faiblesse » est juridiquement grotesque et politiquement scandaleuse. La réaction d’, pour excessive qu’elle soit dans la forme, est parfaitement légitime, tant il apparaît que cette décision du juge sonne comme la revanche tant attendue d’une magistrature que l’ancien président de la République ne porte pas dans son cœur.

Mais la réplique ne s’est pas fait attendre : le juge Gentil porte plainte contre Henri Guaino, le vieil adolescent Nicolas Domenach s’indigne et Libération que l’on a connu plus impertinent de titrer « L’insulte aux juges ». Les juges sont, pour la presse bien-pensante, les nouveaux intouchables : ils incarnent, non plus le droit, mais la morale, la vertu. En un mot, le bien. Dès lors, la moindre critique adressée aux magistrats relève du blasphème, que les Torquemada médiatiques se font un malin plaisir de punir. Quand Domenach nous dit que les juges ne font pas de politique, on hésite entre insondable bêtise ou mauvaise foi caractérisée.

Le président de l’USM, principal syndicat de magistrats (que les présentent comme « modéré », alors qu’il fut dirigé pendant de nombreuses années par un militant socialiste, Dominique Barella), écrit à la garde des Sceaux qu’« attaquer l’ensemble des magistrats n’est pas légitime et viole la séparation des pouvoirs ». Mais il suffit de jeter un coup d’œil sur le site de l’USM ou sur les productions du Syndicat de la magistrature pour constater que les juges passent leur temps à violer la séparation des pouvoirs en prenant position sur des domaines qui relèvent de la compétence du seul législateur. Lorsque le Syndicat de la magistrature appelle à faire battre Nicolas Sarkozy aux élections de 2007 et de 2012, publie une brochure intitulée « Vos papiers ! Que faire face à la ? » dont la couverture représente un policier avec une tête de porc, ou que ses membres usent et abusent du micro-vice de procédure pour saboter délibérément l’action de la , cela n’a plus rien à voir avec l’exercice de la justice. Celle-ci n’est plus rendue au nom du peuple français, mais au nom des principes politiques et des prétendues « valeurs » personnelles des magistrats.

Les juges ont de la République et de la plein la bouche : ils dénoncent l’éloignement croissant entre la justice et les citoyens. Prenons-les au mot, et révisons radicalement les conditions d’accès au métier de magistrat : demain, les juges ne devront pas être recrutés par concours, mais élus par les citoyens. Seront éligibles les candidats qui disposent du niveau d’études requis pour postuler au concours d’entrée à l’École nationale de la magistrature ; leur positionnement politique devra être transparent afin que les citoyens puissent s’exprimer en toute connaissance de cause. Ainsi mettra-t-on fin à la tartufferie de l’indépendance des juges. Ainsi mettra-t-on fin au monopole de la gauche et de l’extrême gauche dans la magistrature.

« Vous en avez assez de la racaille du Syndicat de la Magistrature ? Eh bien, on va vous en débarrasser… »

24 mars 2013

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