Décapitations en Arabie saoudite : où sont les indignés ?

Ces derniers mois, l’Arabie saoudite s’est illustrée par les vacances de la famille royale sur la Côte d’Azur, par sa participation à une commission onusienne sur les droits de l’homme et par son inaction face à la crise des migrants.

La semaine dernière, le pays a procédé à trois exécutions. Le 28 octobre, un Pakistanais et un Yéménite ont été exécutés. Le 29 octobre, à La Mecque, ville sainte de l’islam, un Saoudien a été décapité au sabre, ce qui porte à 141 le nombre des exécutions depuis le début de l’année, d’après la comptabilité de l’AFP établie sur la base des communiqués officiels. Bilan en nette hausse par rapport à celui de 2014 (87 personnes).

On peut être étonné par l’absence de réaction des pays occidentaux et des autorités morales. Je crois me souvenir que chaque fois qu’un détenu américain se retrouvait dans le couloir de la mort, l’Union européenne, les autorités françaises et le pape intervenaient officiellement auprès du gouvernement américain. Sans compter l’effervescence des médias et des réseaux sociaux.

Rien de tout cela quand il s’agit de l’Arabie saoudite et de l’application stricte de la loi islamique.

Cette triste inégalité de jugement rappelle celle qui régnait dans les pays occidentaux lors de la guerre froide entre l’Est et l’Ouest : l’intelligentsia de gauche dénonçait bruyamment toute atteinte aux droits de l’homme et toute application de la peine de mort aux USA ou en Europe, mais fermait les yeux sur les violations des droits de l’homme dans les pays communistes. Désormais, c’est devant les pays et la loi islamiques que les États et les autorités intellectuelles et morales de l’Occident se montrent aveugles et complaisantes. Tous les totalitarismes (nazisme, communisme, maoïsme et maintenant islamisme) ont rencontré de puissants soutiens chez les élites et les intellectuels occidentaux, leur permettant malheureusement de perdurer et de s’étendre.

Mais il y eut aussi, dès l’apparition de ces mouvements mortifères, des voix lucides, quoique rares. Ce qui les rend d’autant plus précieuses. Et ce week-end, l’une d’elles, celle de Boualem Sansal, a été récompensée par le grand prix du roman de l’Académie française (partagé avec Hédi Kaddour). Dans son roman 2084, la fin du monde, Boualem Sansal raconte les aventures du héros Ati face à un état religieux totalitaire, l’Abistan.

Boualem Sansal est d’origine algérienne et il est censuré dans son pays. Il a vu la montée et la prise de pouvoir des islamistes dans la société algérienne. Il nous avertit depuis longtemps que c’est ce qui est en train de nous arriver en Europe, et que la constitution d’un empire islamique est déjà bien avancée dans les pays arabes.

Pour les musulmans comme pour les pays occidentaux, il faudra choisir pour de bon entre un Occident respectueux de ses racines et de ses valeurs chrétiennes et une islamisation porteuse d’un nouveau totalitarisme. Et en tirer toutes les conséquences. Le plus tôt serait le mieux et nous éviterait du sang et des larmes.

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