Cela faisait partie de mes bonnes résolutions pour ce début d’année 2017 : regarder les débats des primaires de la gauche à la télévision. Ce faisant, je n’imaginais pas avoir fixé la barre aussi haut. Pire que les sermons du curé lorsque j’étais gamin, ou les remontrances de mon instituteur à l’issue d’une dictée surprise ! Bref, une purge. Mais pour pouvoir commenter et critiquer, il fallait connaître.

Sur la forme, rien à redire. Copier-coller des primaires de la droite, jusqu’au nombre et à la composition des candidats – six hommes, une femme : une vraie leçon de parité que nos formations politiques ont au moins en commun.

Sur le fond, en revanche, il n’y a guère que le premier secrétaire du PS pour y avoir trouvé de la tenue. À commencer par celle d’un des candidats qui n’avait pas jugé utile d’enfiler un costume et une cravate. Mais il est vrai que ces signes extérieurs de bourgeoisie ne sont plus de mise, depuis longtemps, chez les écolos.

Pour ma part, après avoir attendu avec patience jusqu’à 22 h 30, les propositions des candidats pour lutter contre le terrorisme m’intéressaient. À cet égard, j’ai tout de suite été rassuré en entendant que certains d’entre eux, et pas des moindres, étaient “toujours et encore” Charlie. Sévère mise en garde contre Daech, qui sait désormais à qui il risque d’avoir affaire. Pour le reste, recrutement de policiers et de gendarmes, augmentation du nombre des places dans les prisons, des banalités programmatiques qui évitent soigneusement d’aborder le fond de la question sur lequel, de toute façon, les candidats socialistes n’ont aucune idée. À leur décharge, il est vrai qu’ils ne savent toujours pas, pour certains, si l’on est en guerre ou pas contre le terrorisme. Les familles des victimes des attentats, si elles assistaient à ce débat, ont dû apprécier !

Puis suivirent quelques grands moments. Sur la politique de la ville, d’abord, sur laquelle, malgré leurs échecs répétés et les milliards dépensés, la gauche a permis la ghettoïsation de nos quartiers. Il est donc urgent de dépenser quelques milliards supplémentaires. Sur la mixité sociale, ensuite, insuffisante pour l’ensemble des prétendants, et pourtant prometteuse d’un avenir radieux pour notre pays. Sur l’école, également, où l’on se désole de l’état catastrophique dans lequel elle se trouve, oubliant au passage que cela est le fruit d’une suite de réformes socialistes plus idéologiques que réalistes. Mais nous avons la solution : il faudrait plus de profs que de classes. Pourquoi ne pas aller encore plus loin et embaucher autant de profs que d’élèves ?

Enfin, cerise sur le gâteau, la réforme des institutions. Tous, ou presque, sont d’accord pour revoir la Constitution. Ils oublient certainement, au passage, que ce sont les solides institutions de la Ve République qui ont permis à un incapable de rester cinq ans à l’Élysée. Gageons alors, à l’instar du grand gourou Mitterrand, que si par malheur l’un des sept protagonistes devait un jour être élu, il s’empresserait d’oublier cette promesse que l’on fait toujours lorsque l’on est dans l’opposition ou que l’on s’apprête à la rejoindre.

Pour conclure, une dernière chose. Les lecteurs de Boulevard Voltaire voudront bien me pardonner de la jouer perso, mais j’annonce d’ores et déjà que je suis candidat pour le tirage au sort qui désignera les futurs sénateurs en cas d’élection de Montebourg. Je sais bien que les indemnités sont insuffisantes, puisque c’est Gérard Collomb (un autre socialiste) qui le dit. Mais pour la France, que ne ferait-on pas ?

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