Sans doute l’une des conséquences les plus cocasses de l’ aura été la soudaine irruption de l’essayiste Alain Soral sur le devant de la scène médiatique.

Jusqu'à ce qu’il soit nommément qualifié par d'ennemi de la République (discours de La Rochelle, août 2013), Alain Soral n’était guère connu du grand public si ce n’est au travers de ses interventions périodiques en mode vidéo sur Internet, fort prisées des jeunes de province et des banlieues. La publication en 2011 de « Comprendre l’Empire », sous-titré « Demain la gouvernance globale ou la révolte des Nations ?» lui avait déjà valu un premier succès de librairie et la reconnaissance discrète mais appuyée d’un public plus mûr et plus intellectuel, déjà nourri aux idées iconoclastes d’un Clouscard, d’un Jean-Claude Michéa ou d’un Pierre Hillard. Aujourd’hui, non sans raison, Soral, avec son style bien particulier, pourrait presque revendiquer la place qu’occupait Alexandre dans les années 60 en URSS.

Régulièrement calomnié, insulté, diffamé, et même agressé, il n’avait jamais vraiment été contredit sur le terrain du « logos », jusqu’à ce qu’Éric Naulleau, non sans un certain courage, relève le défi[ref]« Dialogues Désaccordés » par Alain Soral et Éric Naulleau [/ref]. Mal lui en prit. Accusé d’avoir déposé les armes sans combattre, Naulleau est aujourd’hui à son tour l’objet de toutes les critiques, tandis qu’Alain Soral peut sacrifier à la tâche fastidieuse mais ô combien flatteuse des interminables séances de dédicace.

Se revendiquant à la fois de la du travail et de la droite des valeurs, le sniper Soral, inlassable dénonciateur d’une oligarchie prédatrice, est d’autant plus redouté que sa notoriété croît en proportion des attaques qu’il subit de la part d’un « establishment » honni. Il est banni des plateaux de télévision ? Voici qu’il apparaît sur le petit écran d’un smartphone à la table d’un café. On lui interdit l’accès à une salle de conférence ? Voilà qu’il improvise un discours en rase campagne devant un public encore plus déterminé, magie de la technologie et des réseaux sociaux.

Nul ne sait vraiment si Soral aura une réelle influence dans l’évolution de notre société ou s’il disparaîtra, emporté par l’inexorable avancée du nouvel ordre mondial. Mais ses admirateurs d’aujourd’hui, s’ils ne sont pas déjà en âge de voter, le seront demain. Or l’histoire contemporaine, et notamment celle des pays de l’Est de l’Europe, nous enseigne qu’il n’est point d’idée qui ait été vaincue par la répression et la brutalité.

Tous ces moralisateurs de salon, qui s’échinent à le faire passer pour un antisémite pur et dur et rien d’autre, ne se rendent-ils pas compte qu'ils témoignent ainsi de leur impuissance ? Gageons que cette stratégie absurde les conduira droit dans le mur. Le public français lui, ne mange plus de cette pâtée-là.

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28 janvier 2014

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