De quel antisémitisme parle-t-on ?

D’une enquête publiée dans le magazine néerlandais Elsevier courant 2010, il ressortait qu’un enseignant en histoire sur cinq, dans les écoles secondaires des quatre plus grandes villes néerlandaises par ordre d’importance (Amsterdam, Rotterdam, La Haye, Utrecht), avait déjà avait été confronté à l’impossibilité d’aborder le sujet de l’holocauste en classe. L’article précisait dans la foulée que le problème se posait essentiellement avec les élèves musulmans.

Le sujet resurgit cinq ans plus tard à l’occasion d’une table ronde, à laquelle ont été conviés les enseignants, les organisations juives, ainsi que des représentants de la communauté musulmane, suivi d’un débat à la deuxième chambre (sénat, ou chambre basse) organisé par le parti du centre ChristenUnie. Ainsi, le 4 mars 2015, le journal Algemeen Dagblad titrait : “Cours sur l’holocauste ? Bullshit, disent les élèves”

Le journal poursuit, par la voix d’un enseignant, Wissam Ferriani : “l’enseignant parle des juifs ? Les élèves répondent Gaza. L’enseignant dit holocauste ? Les élèves répondent bullshit”… Le dirigeant du parti ChristenUnie, Arie Slob, emboîte le pas : “lorsque j’entends dire que le survivant des camps Bloeme Evers n’ose pas faire de conférence dans certaines écoles, je suis effrayé. Il n’est pas acceptable que l’année de la soixante dixième commémoration de l’holocauste soit celle également de la résurgence de l’antisémitisme”

Nos chers politiques… D’un bout à l’autre de cette pauvre Europe en décomposition multiculturelle avancée… À mal nommer le problème… De quel antisémitisme s’agit-il ? De celui qui descend des juifs à la kalashnikov dans une supérette ? Ou celui qui descend une petite gamine dans une école juive ? Ou des visiteurs d’un musée juif à Bruxelles ? Ciel ! Y aurait-il un lien entre cette floraison de meurtres, de départs accélérés de juifs pour Israël, de problèmes tous plus ou moins identiques partout en Europe, y compris dans l’enseignement, et ces personnes se réclamant toutes d’une certaine religion en fort bonne santé, celle qu’il ne faut pas même nommer, car nommer, c’est déjà stigmatiser ?

Soit, le sang qui coule et les têtes qui roulent, ce n’est pas l’Islam !, clament main sur le coeur nos “instances” modérées, d’une modération fanatique. Tenez, ce proche de Coulibaly dont la petite amie, gendarmette et mise à pied, a tenté de fouiner dans les fichiers confidentiels de la gendarmerie à propos de ses potes… Elle était récemment convertie à l’islam. À quoi, dites vous ? L’islam ? répondent nos “instances” fanatiquement modérées. Mais puisqu’on vous dit que ce n’est pas l’islam tout ça ! Elle s’est convertie au pipeau, c’est tout !

Ou encore cet antisémitisme infect, en majuscules et majeurs, vécu par un journaliste israélien qui se promena dix heures durant dans les rues de Paris dernièrement, kippah au vent et caméra dissimulée, insulté, craché dessus, quasi exclusivement par nos chances pour la France, par la diversité ?

Cerise sur le gâteau, mardi matin, notre activiste musulman médiatique préféré, Tariq Ramadan, proclame dans Le Figaro : “Promouvoir l’antisémitisme est anti-islamique.” Évidemment, le connaissant… Moi ce qui me tracasse, c’est cette sourate, qui tourne en rond dans ma tête, lancinante, mystérieuse, proclamée dans les mosquées de France et partout en Europe en ce moment-même, et dont je n’ai jamais entendu même le plus modéré des musulmans affirmer qu’il n’y adhérait pas.

Sourate 9, 30 : “les Juifs disent : “Uzayr est fils d’Allah” et les Chrétiens disent : “Le Christ est fils d’Allah”. Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu’Allah les anéantisse ! Comment s’écartent-ils (de la vérité) ?”

Je réfléchis à une interprétation qui ne soit ni “rigoriste” ni “fondamentaliste” de ces mots de sombre augure. Plus sombre encore, le silence, ce terrible silence de nos musulmans à leur égard et au nôtre, celui des mécréants.

À lire aussi

Monsieur Thuram, la gangrène raciste est ancienne… et universelle

Chères chapelles antiracistes dont Alain Finkielkraut disséquait certaines modalités : « A…