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De l’Europe sans frontières au mur de barbelés

Le 14 juin 2015, les instances européennes ont fêté les 30 ans des accords de Schengen. La mariée est moribonde mais rien ne vaut une commémoration d’autosatisfaction entre soi pour célébrer un succès européen sous forme de méthode Coué. Il y a 30 ans, l’Europe s’offrait l’avènement d’une idéologie : l’abrogation des frontières entre États membres, l’interdit d’interdire de circuler. Sous le pavé : la fin des postes douaniers. L’abrogation des frontières devait gommer les identités nationales pour créer un immense territoire commun au peuple d’Europe, lisse de toute spécificité nationale.

Au pays des idéologies libertaires, nul ne peut se faire procureur sans passer pour un néo-conservateur attardé. Qui oserait contester la notion même de liberté ?

Comme le souligne RFI qui, en ce 14 juin, exulte littéralement : “Trente ans après, le succès de Schengen n’est plus à démontrer car, chaque année, c’est plus d’un milliard de personnes qui voyagent dans l’espace Schengen.” Schengen comme extension aux congés payés de 1936, l’Europe terrain de jeu d’une immense rave-party. De plus, continue l’article, “deux raisons principales s’ajoutent à ce succès : la première visible, celle de la suppression des postes-frontières (La Palice n’aurait pas dit mieux), mais surtout la mise en œuvre d’une idée en faveur d’une plus grand liberté”. Nous y sommes.

Car, outre la suppression des contrôles aux frontières, dans l’esprit de ses géniteurs, l’accord de Schengen a créé des règles communes pour les contrôles aux frontières extérieures et améliorer la coopération policière entre autorités judiciaires, ce dont se réjouit Dimítris Avramópoulos, commissaire européen. Les parents de la petite Chloé, victime d’un multirécidiviste dont les frontières passoires ont permis la libre circulation sans aucun contrôle, apprécieront à leur juste valeur ces déclarations déconnectées de toute réalité même sanglante.

Et puis l’idéologie de la libre circulation s’est fracassée sur les vagues migratoires venues des printemps arabes, d’Afrique, de Syrie. Dans l’Europe de Schengen versus BHL et Café de Flore, des murs et des barbelés ont été à nouveau érigés par les nations. Les pays européens comme l’Espagne ont dû bâtir des murs de béton contre les invasions venues des pays d’Afrique du Nord, comme l’enclave espagnole de Melilla (nord du Maroc). Le mur de Berlin, symbole du joug communiste aboli, et l’idéologie bruxelloise dans sa vanité de libre circulation à tout prix ont contraint la Bulgarie à ériger un mur à la frontière turque. La Grèce a érigé un mur de barbelés de 12,5 km contre ses migrants clandestins que les autorités bruxelloises, gonflées d’orgueil aveugle, ont refusé de financer.

Les peuples ont retrouvé le besoin de sanctuariser leurs frontières et de redéfinir leur souveraineté pour résister à une vague migratoire hors norme. En 2014, ce sont plus de 280.000 entrées illégales qui ont été détectées en Europe.

Lampedusa est aujourd’hui le symbole d’une Europe submergée par des flux migratoires rendus totalement incontrôlables. La Méditerranée s’est chargée de cadavres de désœuvrés et d’enfants, fuyant la misère ou les guerres, sacrifiés sur l’autel d’une idéologie libertaire devenue criminelle.

En France, Nicolas Sarkozy, surfant sur la vague opportuniste de la fissure des accords de Schengen, propose un Schengen 2 : “Je sais d’où je viens, je connais mes origines, les civilisations sont mortes de la consanguinité, et jamais de l’ouverture et du métissage. Mais on ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas accueillir des gens qu’on ne peut plus intégrer.” Le métissage comme remède à l’invasion des migrants sur le sol européen…

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